MADRID (AFP) - Le fioul, qui s'échappe de l'épave du Prestige,
est à une température de 10 degrés, a annoncé vendredi le numéro deux du gouvernement
espagnol Mariano Rajoy en rendant compte des observations du sous-marin de poche français
Nautile, soit loin de la température de solidification de 2,5 degrés.
La solidification du fioul est cruciale pour un arrêt ou un ralentissement de la fuite en
mer des quelque 56.000 tonnes d'hydrocarbure encore contenues dans l'épave, qui repose à
3.500 mètres de fond à 270 km du littoral.
Le sous-marin a mesuré à 10 degrés, lors d'une plongée jeudi, la température de l'un
des flux de fioul qui s'échappent de l'épave, à raison de 125 tonnes par jour, a
indiqué M. Rajoy au cours d'une conférence de presse à Madrid.
"Il n'a pas été possible de mesurer la température à l'intérieur des
cuves", a-t-il ajouté, en précisant que les mesures de température du fioul
avaient pour but de "déterminer s'il allait se solidifier et quand".
Le fioul a été chargé à une température d'environ 50 degrés dans les cuves du
pétrolier, pour une meilleure fluidité, et sa température de solidification est environ
de 2,5 degrés, selon les données de la commission scientifique nommée lundi par le
gouvernement pour étudier le sort à réserver à l'épave du Prestige.
"Le fioul qui sort est à 10 degrés, probablement davantage à l'intérieur",
a-t-il précisé, et la température de l'eau autour de l'épave est de 2 degrés.
Le Nautile a par ailleurs mis en place jeudi "à titre expérimental" un bouchon
sur l'un des 14 orifices par où s'échappe le fioul et ce bouchon "pour le moment
fonctionne avec succès", a-t-il ajouté.
Le sous-marin français devait poursuivre pendant sa plongée de vendredi les
"études de viabilité" de ce procédé, et prendre de nouvelles mesures de
température.
D'autre part, le gouvernement espagnol a approuvé un décret interdisant l'entrée dans
ses ports de pétroliers à simple coque. Ce décret, dont l'approbation a été annoncée
par le numéro deux de l'exécutif Mariano Rajoy au cours d'une conférence de presse,
concerne les navires à simple coque, transportant du fioul lourd, du bitume, du goudron
ou du pétrole lourd.
Cette interdiction sera applicable d'ici au premier janvier 2003 et dès l'entrée en
vigueur du décret, les navires concernés devront notifier à l'administration maritime,
au moins 24 heures à l'avance, leur intention d'entrer dans les ports, terminaux ou zones
de mouillage.
Le gouvernement espagnol a élargi aux trois régions autonomes des Asturies, de Cantabrie
et du Pays basque espagnol (toutes trois dans le golfe de Gascogne) les aides directes
accordées au secteur de la pêche en Galice. D'autres professions également touchées
par la marée noire, notamment dans l'industrie agroalimentaire relative au secteur de la
pêche et de la conchyliculture, seront également indemnisées. Ces aides bénéficieront
d'exemptions fiscales, selon M. Rajoy.
En Galice, les pêcheurs poursuivaient le nettoyage des taches de fioul à proximité du
littoral à l'aide de leurs embarcations et de barrages flottants constitués de bidons et
de filets de pêche.
Deux nappes, l'une sur la côte de la Mort, au sud-ouest de La Corogne, et l'autre à 80
km environ au sud-ouest du cap Silleiro, à proximité du littoral, restaient menaçantes
tandis que plus de 6.600 personnes, militaires pour la plupart, continuaient à nettoyer
les plages.
Les dernières évaluations du fioul ramassé font état de 27.300 tonnes de fioul et de
résidus récupérées en mer et sur le littoral de Galice, se répartissant en 15.800
tonnes de déchets pollués ramassées sur les plages et 11.500 tonnes en mer par les
navires anti-contamination et les embarcations des marins pêcheurs.
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