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Jeudi 5 Décembre 2002

67 scientifiques critiquent la gestion de la crise du Prestige

 
VIGO (Espagne) (AFP) - Soixante sept professeurs, chercheurs et techniciens en géologie marine, océanographie physique et écologie marine de l'Université de Vigo (nord-ouest) ont critiqué mercredi la gestion de la crise du pétrolier libérien Prestige à l'origine d'une marée noire en Galice.

Dans un manifeste dont l'AFP a obtenu une copie, ces scientifiques affirment que les connaissances disponibles depuis plus de vingt cinq ans sur la météorologie et les courants marins en Galice "déconseillaient en toute circonstance le déplacement du navire vers le sud, comme ce fut le cas entre le 15 novembre et la date du naufrage" (19 novembre).

"Le déplacement en direction ouest et ultérieurement vers le sud du Prestige après son appel au secours (NDR: ordonné par le gouvernement espagnol) est responsable de l'extension de l'effet nocif de la marée noire", souligne le texte.

"La position du lieu du naufrage rend probable son aggravation dans le temps à cause de l'arrivée de vagues successives de fioul sur la côte galicienne", selon ces scientifiques.

Ceux-ci estiment que l'arrivée d'une deuxième vague de fioul sur la côte galicienne, après un déplacement de 130 milles nautiques (240 km), démontre "l'inefficacité du plan d'éloignement mis en place" par l'exécutif.

"Le transfert du navire vers une zone abritée aurait amoindri, même dans le pire des cas, les effets nocifs causés par la marée noire, en réduisant significativement la superficie affectée et en facilitant l'isolement des zones contaminées ainsi que leur nettoyage", poursuit le texte.

Ces chercheurs critiquent le fait que le gros de la flotte de nettoyage ait mis plus de dix jours pour arriver en Galice, que la coordination des travaux de nettoyage ait commencé une semaine après que le fioul eut atteint les côtes et que les mesures préparées pour la protection du littoral soient en grande partie le fruit de l'effort personnel des confréries de pêche locales.

Ils déplorent que la catastrophe a mis en évidence "le grand déficit de moyens techniques et d'instruments de prévision" en Espagne tandis que la majeure partie de l'information sur la trajectoire actuelle et future des tâches de fioul provient de Portugal ou de France.

 

Jeudi 5 Décembre 2002 © Source Yahoo