VIGO (Espagne) (AFP) -
Soixante sept professeurs, chercheurs et techniciens en géologie marine, océanographie
physique et écologie marine de l'Université de Vigo (nord-ouest) ont critiqué mercredi
la gestion de la crise du pétrolier libérien Prestige à l'origine d'une marée noire en
Galice.Dans un manifeste dont l'AFP a obtenu une copie, ces scientifiques
affirment que les connaissances disponibles depuis plus de vingt cinq ans sur la
météorologie et les courants marins en Galice "déconseillaient en toute
circonstance le déplacement du navire vers le sud, comme ce fut le cas entre le 15
novembre et la date du naufrage" (19 novembre).
"Le déplacement en direction ouest et ultérieurement vers le sud du Prestige
après son appel au secours (NDR: ordonné par le gouvernement espagnol) est responsable
de l'extension de l'effet nocif de la marée noire", souligne le texte.
"La position du lieu du naufrage rend probable son aggravation dans le temps à
cause de l'arrivée de vagues successives de fioul sur la côte galicienne", selon
ces scientifiques.
Ceux-ci estiment que l'arrivée d'une deuxième vague de fioul sur la côte galicienne,
après un déplacement de 130 milles nautiques (240 km), démontre "l'inefficacité
du plan d'éloignement mis en place" par l'exécutif.
"Le transfert du navire vers une zone abritée aurait amoindri, même dans le pire
des cas, les effets nocifs causés par la marée noire, en réduisant significativement la
superficie affectée et en facilitant l'isolement des zones contaminées ainsi que leur
nettoyage", poursuit le texte.
Ces chercheurs critiquent le fait que le gros de la flotte de nettoyage ait mis plus de
dix jours pour arriver en Galice, que la coordination des travaux de nettoyage ait
commencé une semaine après que le fioul eut atteint les côtes et que les mesures
préparées pour la protection du littoral soient en grande partie le fruit de l'effort
personnel des confréries de pêche locales.
Ils déplorent que la catastrophe a mis en évidence "le grand déficit de moyens
techniques et d'instruments de prévision" en Espagne tandis que la majeure partie de
l'information sur la trajectoire actuelle et future des tâches de fioul provient de
Portugal ou de France.