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Samedi 14 Décembre 2002

Le roi du Maroc décide d'autoriser les Espagnols à pêcher
dans les eaux marocaines par solidarité après le naufrage du Prestige

 
RABAT (AP) - Le roi Mohammed VI du Maroc a décidé vendredi d'autoriser, "à titre exceptionnel" et par "solidarité", les pêcheurs espagnols victimes du naufrage du pétrolier Prestige à opérer dans les eaux marocaines, selon un communiqué du cabinet royal.

"Le royaume du Maroc, voisin et ami du royaume d'Espagne (...), partage pleinement les préoccupations des populations affectées par cette catastrophe, et en particulier les opérateurs galiciens en relation avec l'activité de la pêche", précise le communiqué diffusé par l'agence officielle MAP.

La décision du souverain marocain, dont les modalités techniques seront prochainement arrêtées, est motivée "par les principes de solidarité économique et de bon voisinage".

L'accès des pêcheurs espagnols de la "zone sinistrée" par le naufrage du Prestige aux eaux de la zone économique exclusive marocaine (200 miles marins) porte sur une durée de trois mois "éventuellement renouvelable".

Hautement symbolique, ce geste de Rabat est le premier signe tangible d'une décrispation entre le Maroc et l'Espagne, dont les relations diplomatiques se sont particulièrement détériorées depuis octobre 2001 et avaient failli basculer à l'affrontement militaire après l'occupation en juillet par l'armée espagnole de l'îlot Tourah/Persil, à moins de 200 mètres des côtes marocaines.

Le Maroc et l'Espagne ont chacun de leur côté rappelé leurs ambassadeurs respectifs à Madrid et Rabat.

Les contentieux géographiques, politiques et stratégiques sont nombreux entre Rabat et Madrid (enclaves espagnoles en territoire marocain, "position inamicale" de Madrid sur le Sahara-Occidental, lutte contre l'immigration clandestine et le trafic de stupéfiants, contrôle militaire du détroit de Gibraltar). Néanmoins, le point de départ de cette crise maroco-espagnole est économique, avec le refus en 2000 par le Maroc de renouveler l'accord autorisant les pêcheurs européens, et principalement espagnols, à opérer dans les eaux marocaines. La non-reconduction de cet accord avait ébranlé le secteur de la pêche artisanale en Andalousie où, selon Madrid, quelque 10.000 emplois directs sont menacés.

La décision du roi Mohammed VI, qui semble avoir totalement pris de court les chancelleries occidentales à Rabat, intervient 48 heures après une visite à Madrid du chef de la diplomatie marocaine, Mohamed Benaïssa, qui a rencontré son homologue espagnole, Ana Palacio, pour tenter de renouer les fils du dialogue. AP

 

Samedi 14 Décembre 2002 © Source Yahoo