NAUFRAGE DU PRESTIGE ancre.gif (1178 octets)   www.polmar.com

  


Mardi 10 Décembre 2002

Polmar: un nouveau système de récupération du fioul testé en mer

 
SAINT-JEAN-DE-LUZ, Pyrénées-Atlantiques (AP) - Deux chalutiers basés sur la côte basque ont testé lundi, près de la frontière franco-espagnole, le nouveau système de récupération d'hydrocarbures "Ecrepol", mis au point par la société Merclean, basée à Aubagne, a-t-on constaté sur place.

Le "Sopite" et "L'île des Faisans" ont pris la mer lundi vers 10h pour mettre en oeuvre le dispositif novateur qui pourrait être validé et utilisé dans le cadre du plan Polmar. A bord des navires, en plus des techniciens de la société Merclean, se trouvait le capitaine de corvette Stéphane Doll de la Commission d'études pratiques de lutte antipollution (CEPOL) de Brest.

"Nous sommes embarqués pour observer la mise en oeuvre du dispositif et rendre un rapport qui pourrait, le cas échéant, aboutir à la validation de l'Ecrepol", a indiqué en mer l'officier de la Marine nationale.

La mise en oeuvre de l'Ecrepol n'a pas été simple malgré des conditions météorologiques favorables. L'avantage du système consiste dans l'utilisation d'un appareillage tracté par deux chalutiers. Au bout des câbles, un cercle accueille un long filet aux mailles très fines conçu pour retenir les hydrocarbures et autres macrodéchets. Une fois le filet rempli, ce dernier est largué à l'aide d'une télécommande actionnée depuis le bateau.

"C'est ce point qui est intéressant car il évite de ramener à bord du chalutier un filet rempli de fioul qui rend rapidement tout déplacement impossible tant le pont devient glissant", a expliqué Jean-Yves Le Dref, un représentant de Merclean. Chaque filet peut en théorie contenir cinq tonnes de fioul. Une fois largué, il est récupéré par un navire d'assistance.

"C'est intéressant comme procédé, mais un peu compliqué. On a du mettre un seau au bout du filet pour que ce dernier soit tiré par l'eau et rentre dans le cercle", commentait Hans Behoteguy, le patron de "l'Ile des Faisans", rivé à la barre et en contact permanent avec le "Soupite" par radio.

A bord, les avis étaient partagés: "c'est un peu une usine à gaz", pense Patrick Carré, le cuisinier du bord, une main sur la manette des treuils hydrauliques, une autre au fourneau. "Aujourd'hui je prépare des pieds de cochon, tout le monde aime ça."

 

 

Alors que le système de largage du filet devait être éprouvé, ce dernier s'est détaché tout seul à la stupeur de l'équipage. "La télécommande se trouvait dans ma poche, j'ai appuyé dessus sans le vouloir", admettait le responsable de Merclean.

Les essais ont permis de vérifier que le dispositif pouvait fonctionner "bien que des mises au point techniques soient encore nécessaires", a reconnu le responsable du CEPOL. Le test, effectué en eau libre, doit être complété ultérieurement sur des nappes de fioul afin de vérifier si le tout fonctionne une fois immergé dans cette glu.

Le "Soupite" et "l'Ile des Faisans" repartiront en mer mardi équipés de filets plus classiques. Ils vont rejoindre le reste de la flotille de chalutiers français, composée de dix bateaux qui se trouvent au large de Santander et Espagne pour ramasser un maximum de fioul avant que la pollution n'atteigne les côtes française.

Les six chalutiers qui étaient rentrés à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) ont repris la mer en fin de matinée avec de nouveaux chaluts. L'"Aquitaine", qui, avec le "Lafitte", a été le plus en contact avec les nappes de fioul, est arrivé souillé de noir. "On ne peut même pas bouger à bord, tant c'est gluant et glissant. En plus les chaluts ont explosé sous la pression car les mailles du filet se bouchent avec le fioul et l'eau ne peut plus passer", ont avoué des marins du bord.

Pour le moment, aucun des systèmes mis en oeuvre dans le cadre du plan Polmar n'a donné pleine satisfaction. "C'est normal, car c'est nouveau et jamais cela n'avait été testé en grandeur réelle. C'est plein d'enseignements et déjà nous avons amélioré certains filets qui fonctionnent mieux qu'au début des opérations", assure l'officier de la Marine nationale Stéphane Doll.

Le port de Saint-Jean-de-Luz accueille désormais le centre opérationnel de lutte antipollution en mer. L'esplanade habituellement occupée par des filets de pêche est ainsi devenue le théâtre des spécialistes de la lutte contre les hydrocarbures, sous le regard de la presse nationale et internationale. AP

 

Mardi 10 Décembre 2002 © Source Yahoo