NAUFRAGE DU PRESTIGE ancre.gif (1178 octets)   www.polmar.com

  


Lundi 2 Décembre 2002

Les Quinze cherchent une solution aux bateaux-poubelles

Par Robin Pomeroy

 

BRUXELLES (Reuters) - Sous l'impact de la catastrophe du "Prestige" qui a sombré au large des côtes espagnoles, les gouvernements de l'Union européenne envisageront cette semaine l'interdiction des pétroliers les plus anciens ainsi que du transport des fiouls les plus polluants.

Le gouvernement espagnol, dont la réaction au naufrage du "Prestige", chargé de 77.000 tonnes de fioul, a été vivement critiquée, avait dans premier temps mis en cause la Grande-Bretagne pour n'avoir pas inspecté le pétrolier lors d'une escale à Gibraltar.

Le président français Jacques Chirac a quant à lui dénoncé l'inertie européenne.

Les ministres européens des Transports, réunis jeudi et vendredi, s'efforceront de resserrer les rangs pour rechercher ensemble les moyens de prévenir à l'avenir pareille tragédie.

"Nous devons reconsidérer les règles du droit maritime, qui se fondent sur des principes adaptés aux conditions du XIXe siècle", a déclaré dimanche à Reuters la commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio, qui dévoilera mardi un ensemble de propositions.

"C'est une réaction normale de personnalité politique après un accident: il faut faire une déclaration", a réagi Alfons Guinier, secrétaire général de l'Association des armateurs de la Communauté européenne.

"Le plus nécessaire est d'appliquer les mesures existantes. Vous pouvez prendre toutes les nouvelles mesures que vous voudrez, si vous ne les appliquez pas, cela ne sert à rien".

L'UE avait arrêté de nouvelles règles de sécurité maritime après la marée noire de l'Erika, qui avait souillé le littoral français, en 1999, mais la plupart d'entre elles n'entreront en vigueur que progressivement, l'an prochain.

APPROCHE REGIONALE OU INTERNATIONALE?

Les ministres des Transports discuteront d'une possible accélération de la mise en oeuvre de ces mesures, notamment l'amélioration des inspections des bateaux dans les ports et un renforcement du contrôle des sociétés délivrant les certificats d'aptitude à la navigation des bâtiments.

Ils examineront aussi de nouvelles propositions telles que l'accélération d'un plan de retrait progressif des pétroliers à coque simple en interdisant ceux de plus de quinze ans et excluant le transport par ces bateaux des pétroles les plus lourds.

L'Espagne, la France et le Portugal se sont déjà déclarés déterminés à refouler de leurs eaux les pétroliers les plus anciens s'ils sont jugés défectueux, et ils inviteront les autres pays de l'UE à faire de même.

Un document du gouvernement danois, qui assure la présidence tournante de l'Union, propose aussi aux pays membres de maintenir les navires transportant des produits dangereux à au moins 200 milles de leurs côtes.

Mais des pays tels que la Grande-Bretagne, la Grèce ou les Pays-Bas devraient s'opposer à toute nouvelle réglementation radicale, dit-on de source diplomatique.

Les milieux de la navigation craignent qu'un durcissement de la réglementation européenne débouche sur une pénurie de bateaux. En outre, notent-ils, l'introduction d'une réglementation régionale et non internationale ne fera qu'exporter le problème en incitant les transporteurs à s'adresser à des armateurs extérieurs à l'Union.

L'Organisation maritime internationale, qui a déjà programmé le retrait des pétroliers à coque unique d'ici 2015, s'est prononcée pour une approche internationale et non régionale de la réglementation de la navigation.

 

Lundi 2 Décembre 2002 © Source Yahoo