PARIS (Reuters) - Face à
la menace de marée noire après le naufrage du Prestige, la France a poursuivi vendredi
la mise en oeuvre du plan Polmar-Mer alors que des nappes de fioul ont été repérées à
quelque 170 kilomètres des côtes françaises. Huit chalutiers devaient
appareiller dans la soirée du Pays basque pour rejoindre l'Aquitaine et le Lafitte qui,
équipés de filets spéciaux, ramassent depuis la veille les galettes d'hydrocarbures.
"Les autorités fourbissent leurs armes afin de prévenir une catastrophe majeure.
Le plan Polmar-Mer est en phase de montée en puissance. Le Polmar-Terre est en
'pré-chauffage'. On commence à déployer les moyens lourds", a dit à Reuters
Sylvain Le Berre, chargé de la communication à la préfecture maritime de Brest.
"Les premiers essais de ramassage des deux chalutiers avec un filet ont été
probants. L'objectif des huit autres est de draguer le fioul qui s'est solidifié car il
est difficilement pompable. La meilleure technique, c'est le ramassage", a-t-il
ajouté.
La nasse à l'extrémité du filet permet, grâce à de très fines mailles de 4 mm, de
ramasser au maximum sept mètres cubes de fioul.
Un bâtiment de la marine nationale, l'Elan, parti de Cherbourg mercredi, est arrivé
vendredi sur la zone de ramassage afin de "récupérer" ces hydrocarbures. Le
patrouilleur Stern coordonne les manoeuvres.
BACHELOT ET ALLIOT-MARIE DIMANCHE SUR PLACE
Deux navires français antipollution, l'Ailette et l'Alcyon, initialement envoyés en
renfort au large de l'Espagne pour pomper le fioul du Prestige, ont été rappelés en
France. Ils ont fait vendredi une escale technique à Bayonne pour des réparations, avant
d'être renvoyés sur les zones polluées.
Roselyne Bachelot, ministre de l'Ecologie, et Michèle Alliot-Marie, ministre de la
Défense, se rendront dimanche à Saint-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour
rencontrer acteurs du plan Polmar, élus, professionnels de la mer et du tourisme afin de
faire le point sur "l'ensemble du dispositif de lutte contre la marée noire", a
annoncé le ministère de l'Ecologie.
La crainte d'une marée noire sur les côtes atlantiques a été renforcée vendredi
par la confirmation d'une fuite lente dans les cuves du pétrolier, qui a sombré le 19
novembre au large de la Galice.
Le ministère de l'Ecologie avait estimé jeudi que les premières galettes de fioul
provenant du Prestige atteindraient le littoral français dans quatre ou cinq jours.
Deux cents galettes de fioul se trouvent actuellement à environ 170 km de la côte
basque. Selon la préfecture maritime de Brest, elles dérivent d'environ 30 km par jour
mais leur trajectoire dépend des courants et des vents.
Leur diamètre oscille entre deux et 30 mètres. Une galette d'une circonférence de 50
mètres a été observée.
Des oiseaux mazoutés ont par ailleurs été découverts par la Ligue pour la
protection des oiseaux (LPO) sur des plages du littoral landais mais, selon les premières
analyses, il semble qu'ils aient été victimes du dégazage sauvage d'un pétrolier.