PARIS (Reuters) - Des
taches de fioul provenant du pétrolier Prestige, qui a coulé le 19 novembre au large de
la Galice, se rapprochent des côtes françaises et ont contraint Paris à déclencher
mardi après-midi, "par précaution", le plan Polmar Mer de lutte contre la
pollution du milieu marin. "Les dernières observations font apparaître
la dérive d'irisations avec des présences ponctuelles de taches dispersées dans le nord
de Gijon et à une distance de l'ordre de 250 km de nos côtes", a déclaré le
ministère de l'Equipement et des Transports dans un communiqué.
"Bien que ces constatations aient été faites dans la zone de responsabilité
espagnole, le préfet maritime de l'Atlantique a déclenché, par précaution, ce jour à
17h00 le volet maritime du plan Polmar (Polmar Mer)", a-t-il ajouté.
Le plan Polmar Terre, destiné plus particulièrement à la récupération sur le
littoral d'éventuels produits polluants, était déjà en préalerte, a rappelé le
secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer, Dominique Bussereau, sur France Info. Le
plan Polmar Mer est destiné à récupérer ces produits en mer.
"Ça veut dire que les avions d'observation vont venir maintenant au large des
côtes françaises, que les moyens maritimes qui sont actuellement au large de l'Espagne
viendront, le cas échéant et dès que nécessaire, sur le Golfe de Gascogne, et que nous
pourrons réquisitionner éventuellement des moyens civils, par exemple des moyens
relatifs au chalutage, pour récupérer les nappes", a expliqué Dominique Bussereau.
"Donc, ça veut dire que nous prenons les précautions maximum au cas où la
pollution arriverait à proximité des côtes d'Aquitaine et des côtes atlantique en
général."
DERIVE VERS LE SUD-EST
Selon le ministère de l'Equipement, le déclenchement du plan Polmar Mer permettra de
traiter "aussi loin que possible" des côtes françaises le fioul échappé des
cuves du Prestige.
Depuis le naufrage du pétrolier, la dérive de ces taches de fioul est observée deux
fois par jour par des avions de la Marine nationale et des douanes françaises.
"Ces taches se déplacent selon un axe principal orienté vers le Sud-Est", a
précisé à Reuters l'enseigne de vaisseau Yann Bizien, de la préfecture maritime de
Brest.
Lundi, ces taches, dont certaines pourraient se trouver entre deux eaux, se trouvaient
encore à environ 350 km des côtes françaises.
Depuis le naufrage du Prestige, deux navires de pompage de la Marine nationale
française, l'Alcyon et l'Ailette, sont sur place pour participer à la récupération du
fioul. Ils en ont jusqu'à présent pompé environ 770 tonnes.
Selon le communiqué du ministère de l'Equipement, les taches de fioul qui dérivent
vers les côtes françaises relèvent plutôt du chalutage que du pompage.
"Cette évaluation conduit à maintenir les moyens de pompage (Alcyon et Ailette)
au plus près de la nappe principale, au large de la Galice", ajoute le ministère.
"Si nécessaire, ces moyens pourraient être repositionnés au nord de l'Espagne en
moins de 24 heures."
Sur zone depuis dimanche, le sous-marin de poche Nautile, exploité par l'Ifremer
(Institut français pour l'exploitation de la mer) et mis à la disposition des autorités
espagnoles, devait effectuer une deuxième plongée mardi. Une première plongée sur
l'épave, lundi, n'avait pas révélé de nouvelles fuites.
Le contrat entre l'Ifremer et les autorités espagnoles prévoit une plongée par jour
pendant huit jours.