NAUFRAGE DU PRESTIGE ancre.gif (1178 octets)   www.polmar.com

  


Vendredi 13 Décembre 2002

Marée noire: le Nautile va tenter de boucher des fuites du Prestige

 
LA COROGNE (AFP) - Le sous-marin français Nautile va tenter jeudi de boucher certaines des fuites du prestige à titre expérimental, alors que les pêcheurs galiciens continuent de ramasser les plaques de fioul dispersées à proximité de la côte, dans la crainte d'une troisième vague de la marée noire.

Le Nautile, engagé par le gouvernement espagnol pour une seconde campagne d'inspection de l'épave du Prestige, a commencé jeudi à 11h00 (10h00 GMT) une plongée sur le site de l'épave, qui gît par 3.500 mètres de fond, brisée en deux morceaux distants de plus de 3,5 km, a annoncé le numéro deux du gouvernement espagnol Mariano Rajoyindiqué lors d'une conférence de presse à La Corogne (Galice, nord-ouest de l'Espagne).

L'équipage du Nautile va "tenter une pose expérimentale de bouchons sur certaines fuites, afin de voir si on peut aborder le problème de cette façon", a indiqué M. Rajoy.

La mission de jeudi consistait également en une inspection de la proue, des mesures de la température et de la vitesse des flux de fioul, qui s'échappent de la carcasse par 14 orifices à raison de 125 tonnes par jour, selon les dernières données officielles.

Une plongée prend au total huit heures, a-t-il expliqué, soit trois heures pour l'aller-retour et cinq heures de travail au fond.

 

 

Les pêcheurs des Rias Baixas, typiques de la côte rocheuse galicienne, continuaient jeudi à ramasser les plaques de fioul dispersées à proximité de la côte, dans la crainte d'une troisième vague de la marée noire du Prestige, dont l'épave laisse échapper son fioul à flux continu depuis plus de trois semaines.

Par dizaines, et malgré une mer houleuse, les mytiliculteurs galiciens sont à nouveau partis en mer sur leurs petites embarcations à moteur, pour collecter les plaques de fioul dilluées et éparpillées tout au long de la côte, selon les confréries de pêche.

La lutte contre ces petites nappes revient aux pêcheurs car l'extrême dispersion des nombreuses taches de fioul situées dans une bande de 5 milles (9 km) le long du littoral rend inefficace l'action des gros bateaux de pompage, a indiqué à La Corogne le numéro deux du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse.

Toutefois, les vents d'ouest, nord-ouest, de force 5 à 7 avec forte houle et des lames de fond de 2 à 3 mètres, laissaient craindre jeudi l'arrivée de nouvelles nappes de fioul sur la côte du sud-ouest de la Galice dans les prochaines heures.

Les Rias Baixas, ces vallées fluviales inondées par la mer dont proviennent une grande partie des 300.000 tonnes de moules produites chaque année par la Galice, deuxième producteur mondial après la Chine, étaient ainsi à nouveau menacées par le fioul.

Elles ont été protégées par des barrières anti-pollution, parfois artisanales.

L'arrivée soudaine de l'administration galicienne et espagnole dans la lutte menée depuis presque quinze jours par les pêcheurs eux-mêmes, souvent avec l'énergie du désespoir, ne se passe pas toujours sans heurt.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi soir dans de nombreuses villes de Galice en exigeant la démission des responsables locaux. Quelque 500 marins pêcheurs et ramasseuses de coquillage se sont enfermés jeudi dans la criée du port de Moana, dans la ria de Vigo, pour protester contre l'intervention d'entreprises privées de nettoyage.

"Nous sommes tous rassemblés parce que depuis de nombreux jours, nous sommes tous mobilisés pour ramasser le fioul et l'administration nous envoie maintenant une entreprise privée qui engage des marins pour 36 euros afin de nettoyer les plages et diviser les habitants", a déclaré à l'AFP Alicia Rodriguez, présidente de l'association de ramasseuses de coquillages de Moana, dans la ria (vallée fluviale) de Vigo.

"Pour intensifier ce nettoyage crucial", à proximité des côtes, a confirmé pour sa part M. Rajoy, "nous sommes en train d'essayer, et nous avons des difficultés techniques, d'embaucher des armateurs et équipages de confréries (de pêcheurs) de ce secteur en collaboration avec une entreprise spécialisée dans la lutte anti-pollution".

Hormis les nappes au nord-est de la zone du naufrage, d'autres grandes nappes ont également été aperçues à 47 milles (87 km) du cap Silleiro, au sud de Baiona.

 

Vendredi 13 Décembre 2002 © Source Yahoo