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Mercredi 4 Décembre 2002

Mission difficile pour les chalutiers engagés dans la lutte anti marée-noire

 
BORDEAUX (AP) - La "pêche" au pétrole du "Prestige" par deux chalutiers de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) s'annonce difficile, a reconnu mercredi l'armateur du "Lafitte", qui avait participé à une expérience de simulation de dépollution lors d'un exercice Polmar, le 15 octobre dernier au large de Bayonne.

Mais quatorze autres bateaux se tiennent déjà prêts pour intervenir si cette première opération est concluante.

"Les conditions ne sont pas du tout comparables à celles de la mi-octobre. La mer était très calme, et il s'agissait de chaluter de la tourbe. Cette fois, même si la météo s'améliore un peu, la mer n'est pas bonne et nous devons pêcher du fioul. Les bateaux vont être secoués, et s'il y a des hydrocarbures sur le pont, on ne pourra plus tenir debout", s'inquiète Henri Pivert, joint par l'Associated Press.

Les deux bateaux, l"Aquitaine" et le "Lafitte", qui devaient quitter le port de Saint-Jean-de-Luz mercredi dans la soirée, ont été tirés au sort la veille au soir au quartier des affaires maritimes de Bayonne parmi les sept autres paires candidates. Ils travailleront "en boeuf", ou "en couple", avec un chalut à mailles très fines d'une trentaine de mètres d'envergure, équipé de sacs détachables.

"Nous ne stockerons pas le fioul à bord. Lorsqu'un sac sera plein, nous le larguerons, et il sera récupéré par un navire de la Marine nationale", a précisé l'armateur.

Les cinq hommes déquipage habituels seront à bord de chaque bateau, épaulés par des techniciens du CEDRE. Ils doivent être équipés de combinaisons spéciales, gants et masques de protection pour éviter tout contact avec le produit nocif, comparable à celui de l'"Erika".

Le "Lafitte", chalutier en bois de 21,5 mètres, était en pêche à la lotte et à la limande au large de lestuaire de la Gironde lors de la sélection. Il est rentré spécialement à Saint-Jean-de-Luz mercredi pour participer à cette opération anti-pollution.

"Les affaires maritimes nous ont demandé pour linstant dêtre disponibles pour huit jours, dans le cadre du plan Polmar Mer. Nous demandons une simple indemnisation et la couverture des risques. Mais nous faisons cela avant tout parce que la mer est notre gagne-pain et que nous voulons participer à sa protection", explique Henri Pivert.

Selon Sylvain Le Berre, porte-parole du préfet maritime de l'Atlantique, "la nappe particulièrement diffuse, constituée d'un chapelet de tâches, est actuellement à 250 kilomètres des côtes françaises et 50 kilomètres au nord des côtes espagnoles. Nous disposons d'une fenêtre météo favorable de 48 heures pour le travail des chalutiers. Les deux premiers doivent réaliser les tests jeudi matin, ou plus tôt si possible. Si ces tests sont positifs, nous enverrons les autres chalutiers."

Par ailleurs, les bateaux de pompage français "Ailette" et "Alcyon", actuellement en action au large de La Corogne, doivent être rapatriés sur cette zone. Pour les trois prochains jours, la nappe qui avance denviron 30 kilomètres par jour, devrait plutôt être poussée vers les côtes espagnoles, selon Sylvain Le Berre. AP

 

Mercredi 4 Décembre 2002 © Source Yahoo