NAUFRAGE DU PRESTIGE ancre.gif (1178 octets)   www.polmar.com

  


Dimanche 1er Décembre 2002

Galice: le mauvais temps gêne la lutte contre la marée noire

 

LA COROGNE (AFP) - Les conditions météorologiques ont empiré dimanche en Galice, gênant la lutte menée contre les milliers de tonnes de fioul qui menacent le fragile littoral du nord-ouest de l'Espagne.

Douze jours après le naufrage du pétrolier libérien Prestige, les côtes de Galice sont menacées par plusieurs nappes qui évoluent en divers points du littoral, se fragmentent et changent de direction en fonction des vents.

"Il y a une série de nappes, en divers points distincts, qui ne cessent d'évoluer", a déclaré au cours d'une conférence de presse le vice-président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

Le principal danger provient de la plus grosse nappe, de plusieurs milliers de tonnes, qui se trouvait dimanche à une trentaine de kilomètres du littoral, face à Muros (150 km au sud-ouest de La Corogne). Cette nappe, fragmentée, s'étend sur un front d'une cinquantaine de kilomètres, mais elle a peu avancé depuis deux jours.

Plusieurs autres nappes, bien moins importantes, menacent le littoral nord-ouest de la Galice. La zone la plus immédiatement menacée est celle des caps Finisterre et Tourinan, à la pointe avancée de la Galice.

Toutefois, avec le temps et le travail des vagues, la pollution tend à devenir de plus en plus diffuse et à affecter, plus ou moins gravement, de nombreux points du littoral. Ainsi, dimanche matin, des petites plaques de fioul arrivaient sur les plages de la région de Muxia, à quelque 120 km à l'ouest de la Corogne.

Le vent favorable du sud-ouest qui soufflait ces derniers jours et poussait les nappes vers le nord, doit tourner dimanche au nord-ouest, avec une force de 45 à 65 km/h, ce qui risque de diriger le fioul directement vers le littoral.

Le mauvais temps a empêché dimanche le travail des huit bateaux étrangers, spécialisés dans le pompage du fioul, qui ont recueilli jusqu'à présent 5.000 tonnes de fioul en mer, selon le gouvernement.

Le travail des 1.400 personnes qui ont déjà retiré 2.400 tonnes de fioul sur les plages, a également été perturbé par le vent et une pluie abondante.

Une manifestation a réuni dimanche en début d'après-midi, des milliers de manifestants et de victimes du désastre du Prestige, à Saint Jacques de Compostelle, siège du gouvernement régional.

Les partis d'opposition, des organisations syndicales et artistiques ont exigé que la Galice soit déclarée en état de catastrophe et ont réclamé la démission des responsables de ce qu'ils estiment être une gestion gravement déficiente de la crise.

Le sous-marin océanographique français Nautile, qui doit inspecter l'épave du Prestige par quelque 3.500 mètres de profondeur, est arrivé dimanche en Galice et commencera son travail dès que la météo le permettra. Il s'agit de vérifier si l'épave du pétrolier perd du fioul ou si ses cuves sont étanches.

Après avoir subi une avarie le 13 novembre, au large des côtes de la Galice, le pétrolier, qui transportait 77.000 tonnes de fioul, s'est brisé en deux et a sombré le 19 novembre, à quelque 270 kilomètres de la côte. Au total, il a perdu en mer entre 10.000 et 20.000 tonnes de fioul lourd, selon les diverses estimations.

Moins d'une semaine après l'accord de l'Espagne et de la France pour écarter de leur littoral tous les navires qui présentent des risques, Madrid a interdit samedi sa zone économique exclusive des 200 milles (360 km) à un pétrolier à coque unique de plus de quinze ans et battant pavillon maltais, le Moscoviski, qui transporte du fioul, a annoncé Mariano Rajoy.

"Tout bateau qui peut présenter des problèmes sera désormais expulsé de notre zone", a affirmé le ministre.

Entre 10.000 et 15.000 oiseaux sont morts ou sont gravement touchés par la marée noire provoquée par le pétrolier Prestige en Galice (nord-ouest), selon l'organisation écologiste SEO (société espagnole d'ornithologie)/Birdlife.

Selon les statistiques avancées par l'association, pour chaque oiseau récupéré et transféré vers un centre de soins, cinq autres meurent dans des zones inaccessibles, zones rocheuses, falaises et haute mer. L'espèce la plus menacée est le guillemot de Troïl.

 

Dimanche 1er Décembre 2002 © Source Yahoo