CENTRE D'ESSAI DES LANDES
(AFP) - Des boulettes d'hydrocarbure ont été découvertes mardi sur une plage des
Landes, au sud de Biscarosse, sans que l'on sache pour l'instant s'il s'agit d'une
pollution liée au naufrage du Prestige ou à un dégazage sauvage.La
pollution a été repérée par une patrouille militaire qui effectuait une ronde en jeep
autour du Centre d'essais des Landes (CEL).
Des échantillons ont été prélevés par la gendarmerie et transmis aux fins
d'analyses à la préfecture maritime de Brest et au Centre de documentation, recherche et
expérimentation des pollutions accidentelles des eaux (Cèdre), pour déterminer la
provenance du fioul. Les résultats des analyses seront connus au mieux dans la soirée de
mercredi, a indiqué un porte-parole de la préfecture au cours d'une visite sur la plage
du Naouas, qui longe le Centre militaire d'Essais des Landes (CEL).
Vêtus de combinaisons blanches, des gendarmes, des pompiers rattachés à la base
aérienne de Cazaux, ainsi que des employés municipaux des communes voisines ont
commencé à ramasser à la main puis entreposer dans des sacs poubelles, les petites
pastilles noires et gluantes laissées sur le sable par la marée.
Ils reprendront leur opération de dépollution mercredi matin, avec l'aide d'une
machine de nettoyage des plages, en cours d'expérimentation.
La plus grande partie de la pollution, qui reste très limitée en quantité, selon la
préfecture des Landes, se concentre sur l'eau. "Quatre bandes de 20 mètres de long
s'étendent sur 11 kms de front et sur un à deux mètres de large", a indiqué mardi
soir la préfecture, dans un communiqué.
Même si aucun élément ne permet d'indiquer que ces boulettes d'hydrocarbure
proviennent du naufrage du Prestige, des précautions maximales ont été prises
vis-à-vis de l'équipe de ramassage, en raison de la grande toxicité du fioul contenu
dans les soutes du pétrolier libérien.
Lundi, les derniers relevés aériens montraient que des concentrations de nappes de
fioul échappées du Prestige se trouvaient au large des Asturies (nord de l'Espagne) à
180 milles (333 km) de la côte française vers laquelle les poussaient de forts vents.
Néanmoins, les petites nappes entre deux eaux sont extrêmement difficiles à
repérer, surtout du fait des mauvaises conditions météorologiques, selon le
porte-parole de la préfecture maritime à Bordeaux.
Mardi, la gendarmerie a effectué des prélèvements qui seront transmis au parquet de
Brest, qui a ouvert une enquête préliminaire pour délit de pollution maritime. Si les
analyses montrent qu'il s'agit d'une pollution liée à un dégazage, la procédure
judiciaire sera poursuivie à Mont-de-Marsan, a indiqué le procureur de Mont-de-Marsan.
Pour le député (PS) et président du Conseil général des Landes, Henri Emmanuelli,
qui s'est déplacé sur le terrain, les côtes sont certes "moins vulnérables que
celles du Pays-Basque. Mais s'il s'avérait que c'est une pollution du Prestige, l'enjeu
économique est très important au niveau touristique".