Lundi 2 Décembre 2002 |
Galice: le roi Juan Carlos appelle à l'unité contre la marée noire
| LA COROGNE (AFP) - Le roi Juan Carlos d'Espagne a appelé lundi à l'unité contre la marée noire qui affecte la Galice, où il s'est rendu pour constater les dégâts, alors qu'une deuxième vague de fioul vient souiller par nappes éparses le littoral galicien. "Nous devons tous aider", a affirmé le monarque espagnol à Muxia, petit port de pêche de la côte de la Mort (costa da Morte, Galice), nommée ainsi en raison des nombreux naufrages qui s'y sont produits. Après un survol de la côte dans un hélicoptère de l'armée, Juan Carlos Ier a rencontré des volontaires nettoyant une plage de Muxia et des marins-pêcheurs en chômage technique, à la criée de ce petit port de pêche galicien. Il a ensuite rendu visite à la confrérie de pêcheurs du port voisin de Laxe, sous les applaudissements d'une foule, tenue à distance par des agents de la garde civile. Ce voyage du roi a été bien accueilli par la population locale et la classe politique tandis que la polémique fait rage sur la gestion de la crise par le gouvernement espagnol et le fait que son chef José Maria Aznar ne se soit pas encore rendu en Galice. Dimanche, 150.000 personnes ont manifesté à Saint-Jacques de Compostelle en exigeant des démissions pour la responsabilité politique de cette catastrophe écologique. Sur le littoral, une mauvaise météo, pour la seconde journée consécutive, avec des vents de nord nord-ouest de 35 à 45 km/h qui rabattent directement le fioul vers le littoral, et des lames de fonds de 3 à 6 m gênaient, au large, les efforts internationaux entrepris pour pomper le fioul de la marée noire. Toutefois, le sous-marin océanographique français Nautile a pu effectuer une première plongée sur l'épave du Prestige à 3.500 mètres de profondeur, et celle-ci n'a pas révélé de fuite de fioul, selon une source proche de la vice-présidence du gouvernement espagnol qui a précisé qu'aucune fuite n'a été relevée ni en surface ni sur la carcasse du navire. La deuxième vague de la marée noire est provoquée par la quantité d'hydrocarbures, évaluée à 11.000 tonnes déversées au large par le pétrolier libérien Prestige, le 19 novembre, lorsqu'il s'est brisé en deux et a sombré à quelque 270 km au large de la côte galicienne. Selon le ministre espagnol de l'Environnement Jaume Matas, la nappe principale de fioul était lundi à la même distance de la côte que la veille (19 milles nautiques, 35 km) mais les efforts se concentraient sur "des tâches de moindre dimension qui sont arrivées sur les plages". Treize des 164 plages affectées par la marée noire sont touchées "de façon très importante", a précisé M. Matas. La grande nappe qui s'est rapprochée depuis plusieurs jours du littoral galicien portée par des vents défavorables, s'est fractionnée en une multitude de tâches éparses et diluées qui viennent souiller une côte galicienne réputée pour sa production halieutique et de fruits de mer, sa principale industrie. D'après le gouvernement espagnol, plus de 7.000 tonnes de fioul ont été pompées en mer dans la zone de la nappe principale et près de 2.600 tonnes de résidus ont été ramassés sur les plages galiciennes. Selon l'organisation écologiste Greenpeace, des analyses effectuées à l'Institut de recherches chimiques et environnementales de Barcelone (IQAB), sur des échantillons de fioul lourd du Prestige, ont confirmé sa toxicité et notamment "la présence d'hydrocarbures aromatiques policycliques lourds (PAHs), les plus toxiques et potentiellement cancérigènes, comme le benzopyrène". Entre-temps, les premiers mammifères marins victimes de la marée noire, dont un bébé dauphin couvert de fioul près du cap Tourinan, ont été retrouvés échoués sur des plages, laissant redouter aux spécialistes de l'environnement une hécatombe parmi ces animaux. A Madrid, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, s'est dit "partisan d'une action rapide" et "d'une application effective et accélérée de la législation européenne sur la sécurité maritime". M. Rasmussen a souhaité des "résultats concrets" sur ce point lors du prochain sommet européen de Copenhague. |
Lundi 2 Décembre 2002 © Source Yahoo