Samedi 30 Novembre 2002 |
Le Prestige aurait dû être interdit de prendre la mer dès 2002
| PARIS (AFP) - La commissaire européenne aux Transports Loyola de Palacio a estimé samedi que le pétrolier Prestige, responsable de la marée noire en Espagne, aurait dû être interdit de prendre la mer dès septembre 2002. "La mer appartient à tous les Européens et il est plus que temps que nous appliquions intégralement les différentes mesures prises après l'Erika. Savez-vous par exemple que si les Etats européens avaient suivi les propositions initiales que j'avais faites, le Prestige aurait disparu des mers européennes le 1er septembre 2002 et non pas en 2005, comme il était prévu?", a-elle indiqué dans une interview au Figaro Magazine. La principale nappe de fioul échappé des cuves du pétrolier libérien Prestige se situait vendredi à 30 km de la côte de Galice (nord-ouest de l'Espagne) où elle menace de provoquer une seconde marée noire. Des aéronefs ont détecté la présence de nouvelles nappes de fioul à l'endroit où le Prestige s'est brisé en deux et a sombré dans l'Atlantique le 19 novembre. A la question de savoir si l'Espagne était responsable de la marée noire, la commissaire a répondu: "Bien sûr, je suis choquée. Pour moi, ces endroits sont concrets. Je connais ces visages. Cette faune m'est particulièrement chère. Mais j'ai tout autant été bouleversée par la pollution de l'Erika en 1999. A l'époque, j'avais déjà pris fait et cause pour les victimes: j'ai immédiatement lancé les paquets législatifs européens de sécurité maritime."
"Vous savez, les frontières sont parfois absurdes sur la terre, alors imaginez en mer... La marée noire n'attend pas que les Etats européens se mettent d'accord sur d'éventuels conflits de compétence: elle pollue tout le monde. L'ensemble des pays européens doit s'attaquer résolument à ce problème. Quant aux responsabilités, ce n'est pas depuis Bruxelles que je vais juger les décisions prises sur place alors que la tempête faisait rage. En revanche, ce que je peux dire, en tant que commissaire responsable des transports, c'est qu'il était possible d'éviter ce nouveau désastre à partir de contrôles beaucoup plus rigoureux de ces bateaux-poubelles dans nos ports et d'un véritable suivi du trafic maritime, comme réclamé par la Commission européenne", a-t-elle ajouté. "L'intention de la Commission européenne est de permettre à la Galice de retrouver un équilibre économique et écologique. A cet effet, nous avons déjà mobilisé les instruments dont nous disposons, notamment les fonds d'aide régionale, de cohésion ou ceux destinés aux pêcheurs. En outre, nous étudions les possibilités d'utiliser le fonds de solidarité de l'Union européenne nouvellement créé pour faire face aux catastrophes. Maintenant, pour décider de leur utilisation, il nous faut évidemment attendre une estimation exacte de la part des autorités espagnoles sur le montant du préjudice subi. Toutefois, ces mesures d'aide d'urgence ne se substitueront pas à la recherche des vrais coupables de cette pollution. Il faudra aussi, dans le cadre de l'enquête sur les responsabilités, appliquer rigoureusement aux tiers impliqués le principe "pollueur = payeur" pour les dommages causés. La commissaire a annoncé également qu'elle allait "proposer dès la semaine prochaine une action coordonnée de tous les Etats membres pour qu'ils s'engagent à ne pas permettre le transport dans leur zone économique exclusive de matières dangereuses ou très polluantes, comme le pétrole lourd, dans des navires à simple coque. |
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