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Mercredi 20 Novembre 2002

Sécurité maritime: l'UE insiste sur la responsabilité des gouvernements

 

BRUXELLES (AFP) - Refusant le rôle de bouc émissaire, la Commission européenne a insisté mercredi sur la responsabilité des gouvernements des Quinze dans l'application de nouvelles règles de sécurité maritime qui auraient pu éviter une catastrophe comme celle du Prestige au large de l'Espagne.

Signe de sa détermination à ne pas laisser passer sans réagir les critiques qui se multiplient sur l'impuissance européenne à lutter efficacement contre la pollution des mers, la Commission a aussi refusé d'absoudre les autorités britanniques qui s'estiment injustement mises en cause dans cette affaire.

Le naufrage du Prestige "montre que malheureusement la Commission européenne avait raison" d'exhorter les Quinze à renforcer les mesures de sécurité maritime, a assuré la commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio, au cours d'une conférence de presse à Strasbourg.

"La Commission et le Parlement européen ont fait leur devoir. C'est le Conseil (des ministres) qui a la responsabilité de mettre en pratique les décisions", a-t-elle souligné.

Les Quinze, a-t-elle encore affirmé, doivent faire entrer en vigueur "avant les délais prévus" les mesures de contrôle et de prévention adoptées sur la base de propositions faites en 2000 par la Commission et connues sous le nom d'"Erika I" et "Erika II".

Mme de Palacio a jugé ces mesures particulièrement urgentes pour les navires-poubelles qu'elle a qualifiés de "bombes écologiques".

Elle a écrit mardi aux 15 Etats membres pour leur rappeler qu'ils faisaient face dès maintenant à des "obligations politiques", sinon légales.

Une des trois directives du paquet Erika I, qui doit entrer en application en juillet prochain, prévoit un contrôle annuel approfondi dans un port de l'UE de tous les navires à risque, dont faisait partie le Prestige.

Celui-ci avait été contrôlé pour la dernière fois en 1999 à Rotterdam (Pays-Bas), mais il est maintenant prouvé que le pétrolier avait fait escale en juin 2002, sans être inquiété, dans le port de grec de Kalamata puis à Gibraltar.

Loyola de Palacio a rappelé avoir adressé une lettre aux autorités grecques et britanniques pour s'informer de la nature des contrôles dans leurs ports.

Cette lettre a suscité une vive réplique de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE, sir Nigel Sheinwald, selon lequel la Commission aurait "suggéré" à tort que son pays pouvait porter une part de responsabilité dans l'accident du Prestige.

Il a démenti que le pétrolier ait effectué "plusieurs escales" depuis 1999 dans le port de la colonie britannique de Gibraltar, comme la Commission l'avait indiqué dans un premier temps. Mais il a admis que le Prestige s'était arrêté "le 13 juin 2002 pour se ravitailler en carburant, sans même entrer dans le port".

Loin de présenter le démenti officiel réclamé par Londres, le porte-parole de Mme de Palacio a au contraire insisté sur le rôle qu'auraient pu jouer les autorités britanniques lors de cette escale.

"La position de la Commission demeure que, dans l'esprit de la nouvelle directive européenne qui doit entrer en vigueur en juillet prochain, il est nécessaire pour tous les Etats membres de tout faire pour contrôler les bateaux-poubelles qui n'ont pas été contrôlés depuis plusieurs années", a-t-il assuré.

Le porte-parole s'est aussi interrogé sur la "subtile différence" faite par certains pays "entre les bateaux qui se ravitaillent à l'entrée d'un port et ceux qui accostent".

"La Commission rappelle que cette différence n'existe pas dans la directive communautaire et appelle les Etats membres à appliquer fermement toutes les mesures de sécurité et les contrôles les plus approfondis", a-t-il insisté.

 

Mercredi 20 Novembre 2002 © Source Yahoo