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Lundi 9 Décembre 2002

Le gouvernement français vigilant face au risque de marée noire

 
PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a décidé d'étendre le plan Polmar terre aux Landes, face aux risques de pollution du littoral par le fioul échappé du pétrolier "Prestige".

"Les probabilités d'atterrissage de nappes d'hydrocarbures sont fortes", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Roselyne Bachelot, à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon. "Elles ne sont pas certaines, bien entendu, car elles dépendent de conditions climatologiques et de conditions de courants, mais nous devons nous préparer à toute éventualité."

"Par mesure de précaution, le Premier ministre a décidé d'étendre les dispositions du plan Polmar terre au département des Landes, pour parer à toute éventualité", a-t-elle ajouté.

Jusqu'à présent, le plan Polmar terre, qui mobilise des moyens de prévention des marées noires et de nettoyage du littoral, n'était activé que dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le plus proche des côtes espagnoles au large desquelles le "Prestige" a coulé le 19 novembre.

Roselyne Bachelot a également indiqué qu'une antenne du ministère de l'Ecologie serait ouverte à la sous-préfecture de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, "si la menace se précise".

La ministre de l'Ecologie et sa collègue de la Défense, Michèle Alliot-Marie, élue de Saint-Jean-de-Luz, étaient allées dimanche matin sur la côte basque pour survoler les zones menacées en avion. A l'issue de cette visite, elles avaient estimé que le danger n'était pas imminent.

"Nous n'avons pas repéré de nappe d'hydrocarbures", avait dit à la presse Roselyne Bachelot. "La pollution est concentrée à l'ouest de Bilbao et ne devrait pas arriver sur nos côtes avant 72 heures".

"PRESSING" INTERNATIONAL

Michèle Alliot-Marie avait pour indiqué que le vent avait "tourné et repoussé les nappes". Elle avait également estimé que les nappes d'hydrocarbures repérées la veille près de Saint-Sébastien et de la frontière franco-espagnole pouvaient venir de dégazages clandestins de pétroliers.

"On estime a 100 km la distance des nappes les plus proches de nos côtes", a pour sa part dit à Reuters un porte-parole de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

"Deux fois aujourd'hui, l'hélicoptère de la gendarmerie a survolé la zone où avaient été signalées les traces de fioul hier soir. Mais il n'y avait plus rien."

Jean-Pierre Raffarin n'en a pas moins convoqué dimanche soir neuf ministres, dont Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie et leurs collègues de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, et des Transports, Gilles de Robien.

"Cette réunion se tenait dans le cadre d'un comité de vigilance, qui veut prendre toutes les précautions en cas d'une éventuelle arrivée de nappes d'hydrocarbures sur le littoral français", a expliqué Roselyne Bachelot.

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, avait parlé d'une "réunion de mobilisation générale".

Parmi les autres décisions prises, le gouvernement a décidé de se pencher "d'ici 48 heures" sur le problème de l'encadrement et de l'assurance des bénévoles.

"Nous en avons besoin pour gérer tout ce qui est crise", a expliqué la ministre de l'Ecologie. "Bien souvent, ils ont le sentiment de n'être pas assez encadrés, pas assurés et qu'ils pourraient mettre en jeu leur sécurité."

Le gouvernement a, d'autre part, décidé de continuer son "pressing" sur la scène européenne et internationale pour lutter contre de telles catastrophes écologiques.

Roselyne Bachelot devra ainsi plaider lundi à Bruxelles, lors du conseil des ministres européens de l'Environnement, pour une prise en compte des dommages écologiques dans les indemnisations lors de marées noires, au même titre que les dommages économiques.

 

Lundi 9 Décembre 2002 © Source Yahoo