PARIS (Reuters) - Le
gouvernement français a décidé d'étendre le plan Polmar terre aux Landes, face aux
risques de pollution du littoral par le fioul échappé du pétrolier
"Prestige". "Les probabilités d'atterrissage de nappes
d'hydrocarbures sont fortes", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Roselyne
Bachelot, à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon. "Elles ne sont
pas certaines, bien entendu, car elles dépendent de conditions climatologiques et de
conditions de courants, mais nous devons nous préparer à toute éventualité."
"Par mesure de précaution, le Premier ministre a décidé d'étendre les
dispositions du plan Polmar terre au département des Landes, pour parer à toute
éventualité", a-t-elle ajouté.
Jusqu'à présent, le plan Polmar terre, qui mobilise des moyens de prévention des
marées noires et de nettoyage du littoral, n'était activé que dans le département des
Pyrénées-Atlantiques, le plus proche des côtes espagnoles au large desquelles le
"Prestige" a coulé le 19 novembre.
Roselyne Bachelot a également indiqué qu'une antenne du ministère de l'Ecologie
serait ouverte à la sous-préfecture de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques,
"si la menace se précise".
La ministre de l'Ecologie et sa collègue de la Défense, Michèle Alliot-Marie, élue
de Saint-Jean-de-Luz, étaient allées dimanche matin sur la côte basque pour survoler
les zones menacées en avion. A l'issue de cette visite, elles avaient estimé que le
danger n'était pas imminent.
"Nous n'avons pas repéré de nappe d'hydrocarbures", avait dit à la presse
Roselyne Bachelot. "La pollution est concentrée à l'ouest de Bilbao et ne devrait
pas arriver sur nos côtes avant 72 heures".
"PRESSING" INTERNATIONAL
Michèle Alliot-Marie avait pour indiqué que le vent avait "tourné et repoussé
les nappes". Elle avait également estimé que les nappes d'hydrocarbures repérées
la veille près de Saint-Sébastien et de la frontière franco-espagnole pouvaient venir
de dégazages clandestins de pétroliers.
"On estime a 100 km la distance des nappes les plus proches de nos côtes", a
pour sa part dit à Reuters un porte-parole de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
"Deux fois aujourd'hui, l'hélicoptère de la gendarmerie a survolé la zone où
avaient été signalées les traces de fioul hier soir. Mais il n'y avait plus rien."
Jean-Pierre Raffarin n'en a pas moins convoqué dimanche soir neuf ministres, dont
Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie et leurs collègues de l'Intérieur, Nicolas
Sarkozy, et des Transports, Gilles de Robien.
"Cette réunion se tenait dans le cadre d'un comité de vigilance, qui veut
prendre toutes les précautions en cas d'une éventuelle arrivée de nappes
d'hydrocarbures sur le littoral français", a expliqué Roselyne Bachelot.
Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, avait parlé d'une
"réunion de mobilisation générale".
Parmi les autres décisions prises, le gouvernement a décidé de se pencher
"d'ici 48 heures" sur le problème de l'encadrement et de l'assurance des
bénévoles.
"Nous en avons besoin pour gérer tout ce qui est crise", a expliqué la
ministre de l'Ecologie. "Bien souvent, ils ont le sentiment de n'être pas assez
encadrés, pas assurés et qu'ils pourraient mettre en jeu leur sécurité."
Le gouvernement a, d'autre part, décidé de continuer son "pressing" sur la
scène européenne et internationale pour lutter contre de telles catastrophes
écologiques.
Roselyne Bachelot devra ainsi plaider lundi à Bruxelles, lors du conseil des ministres
européens de l'Environnement, pour une prise en compte des dommages écologiques dans les
indemnisations lors de marées noires, au même titre que les dommages économiques.