NAUFRAGE DU PRESTIGE ancre.gif (1178 octets)   www.polmar.com

  


Mardi 26 Novembre 2002

Prestige: la nappe de pollution géante menace toujours les côtes

 

LA COROGNE (AFP) - La nappe géante de 11.000 tonnes de fioul échappée des cuves du pétrolier naufragé Prestige menaçait toujours mardi le littoral Atlantique de l'Espagne, d'où elle était éloignée de 120 km à hauteur de la pointe nord-ouest de la Galice.

Les mauvaises conditions météo ont interrompu mardi le pompage de cette nappe, à laquelle sont attelés deux navires, qui ne peuvent opérer lorsque les vagues dépassent 2,5 mètres, selon les autorités espagnoles.

Ce mauvais temps a empêché la ministre française de l'Ecologie Roselyne Bachelot de survoler comme prévu la nappe géante de quelque 50 km sur 20, qui s'est formée depuis que le pétrolier libérien s'est brisé et a sombré en haute mer mardi dernier et se dirige actuellement vers le nord-est.

Mme Bachelot, qui a néanmoins inspecté la marée noire en compagnie de son homologue espagnol Jaume Matas, s'est dite "inquiète" des risques de pollution du littoral français par d'autres petites taches qui, selon elle, se trouvent face au cap Ortegal "et peuvent donc se diriger vers les côtes françaises".

Mme Bachelot a assuré que du fioul s'échappait toujours de l'épave du pétrolier, en contradiction avec les affirmations des autorités espagnoles.

Les préfectures de Galice et des Asturies continuaient en outre d'affirmer mardi que la nappe de fioul repérée lundi au large des Asturies, dans le Golfe de Gascogne, provenait d'un dégazage sauvage.

A l'inverse, les spécialistes de la marine française qui participent aux opérations anti-marée noire, de même que le gouvernement régional des Asturies, affirment que ce fioul est bien issu du pétrolier libérien naufragé.

Les conséquences de la catastrophe du Prestige occupaient aussi mardi une large part des entretiens au sommet franco-espagnol de Malaga (Espagne) réunissant le président français Jacques Chirac, son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le président du gouvernement espagnol José Maria Aznar.

Paris et Madrid souhaitent que le conseil européen de Copenhague, mi-décembre, débatte d'une accélération de l'application des mesures anti-marée noire adoptées en 2000 après le naufrage du pétrolier Erika en Bretagne et en Vendée.

 

 

En outre, la France a proposé à l'Espagne de restreindre l'accès des pétroliers les plus dangereux à la "zone économique exclusive" (ZEE), à moins de 200 milles marins au large des côtes.

La ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio a indiqué que Madrid et Lisbonne avaient décidé de soumettre à l'Organisation maritime internationale, actuellement réunie à Londres, une "demande urgente" pour éloigner des côtes les corridors aujourd'hui suivis par les navires qui transportent des chargements à risques.

L'Espagne espère associer la France à cette demande hispano-portugaise, a-t-elle dit.

A Strasbourg, les parlementaires du Conseil de l'Europe ont déploré mardi "la négligence" et "la lenteur de l'action normative des gouvernements européens", selon eux "en partie responsable" du naufrage du Prestige.

La Commission de l'environnement de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a regretté "que la leçon des catastrophes provoquées par l'Aegean Sea et l'Erika n'ait pas été retenue".

Sur le terrain, les navires de pompage ont jusqu'ici recueilli 1.950 tonnes d'hydrocarbure, selon les services de communication du gouvernement espagnol.

Un total de 480 oiseaux contaminés essentiellement macareux, cormorans et pélicans, ont à ce jour été recueillis, a-t-on appris auprès du département de l'Environnement du gouvernement régional de Galice.

Sur les 140 plages contaminées, plus de 1.700 tonnes de résidus ont été ramassées depuis le début de la marée noire, le 16 novembre.

 

Mardi 26 Novembre 2002 © Source Yahoo