LA COROGNE (AFP) - Sur les plages et en mer, la lutte contre la
marée noire du Prestige continuait dimanche en Galice, pendant que le pétrolier englouti
continue de déverser sa cargaison et que le gouvernement espagnol essaie de gérer la
crise, 32 jours après le début de la catastrophe.
La principale menace visible demeurait une vaste nappe de fioul remontant le long du
littoral depuis le Portugal et qui se trouvait à quelque 50 km du cap Silleiro, juste
au-delà de la frontière, a indiqué le ministre des Transports Francisco Alvarez Cascos.
Le Portugal tentait dimanche de s'attaquer à cette nappe vers laquelle il a a envoyé un
navire pompeur, le norvégien Northern Corona, en dépit du mauvais temps et d'un état de
la mer "limite pour mener à bien cette opération", a indiqué à l'agence
portugaise Lusa le responsable de la région maritime nord, Tavares Meyrelles.
Les prévisions de l'institut hydrographique portugais et celles de MétéoGalicia
s'accordaient sur des vents de sud forts à très forts pour la nuit de dimanche à lundi,
donnant une forte probabilité de voir cette nappe se rapprocher de la côte espagnole.
M. Alvarez Cascos a souligné à La Corogne que la lutte anti-pollution en mer et à terre
aura coûté 80 millions d'euros à l'Etat espagnol depuis le 13 novembre, date de
l'accident initial du pétrolier libérien, et jusqu'au 31 décembre.
Sont compris dans cette somme les services du sous-marin français Nautile et ceux de la
douzaine de gros navires de décontamination provenant de neuf pays européens embauchés
par l'Etat espagnol.
Les forts vents et les vagues de plus de 4 mètres empêchaient dimanche la majeure partie
d'entre eux d'opérer, comme cela avait été le cas déjà samedi, a précisé le
ministre.
Outre le mauvais temps, l'évolution des nappes de fioul en mer nuit de plus en plus aux
efforts de ces bateaux, impuissants face à des taches "chaque fois plus diluées et
fragmentées", a-t-il souligné.
Ecartant dans un avenir proche de mettre un terme à leur mission, il a cependant indiqué
une réorientation des efforts de l'administration, vers le soutien à la lutte que
mènent très efficacement les pêcheurs des Rias Baixas contre la troisième vague de
marée noire qui les menace depuis une semaine.
Dès ce dimanche, selon M. Alvarez Cascos, les capitaineries des ports vont coordonner
avec les confréries de pêcheurs et conchyliculteurs les taches des flottilles de petits
bateaux de pêche.
Dans la même logique, les ministères du Travail et de l'Environnement ont créé
dimanche avec plusieurs ONG dont la Croix-Rouge une unité de coordination des volontaires
pour le nettoyage des côtes.
L'irruption au cours des derniers jours de l'administration et de sociétés privées sous
contrat avec l'Etat a été mal reçue par certains des pêcheurs et volontaires
bénévoles qui ont assumé la lutte contre la marée noire en mer et à terre avec des
moyens de fortune depuis le début de la catastrophe.
Dimanche, des pêcheurs de la ria d'Arousa sont sortis avec écumoires et pelles à la
rencontre de deux petites nappes semi-immergées à l'entrée de leur vallée fluviale.
L'essentiel des ressources des conchyliculteurs de Galice se situe à Arousa. La Galice
est la première région de production de crustacés de l'UE.
Le nettoyage des plages a repris, mené par des milliers de personnes, avec l'appui
désormais régulier de centaines de volontaires bénévoles accourus pour le week-end,
dont de nombreux étudiants venus de toute l'Espagne.
Les dernières données officielles font état de 29.900 tonnes de fioul et résidus
contaminés recueillis depuis le début de la marée noire. |
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