Mercredi 27 Novembre 2002 |
La principale nappe de fioul du Prestige à 100 km de la côte
| LA COROGNE (AFP) - La principale nappe de fioul échappée du pétrolier naufragé Prestige se situait mercredi à 100 km du cap Finisterre (pointe nord-ouest de l'Espagne) et elle s'était fragmentée, a indiqué le jour même le numéro deux du gouvernement espagnol Mariano Rajoy à La Corogne. Cette nappe géante de 11.000 tonnes "s'est divisée en plusieurs petites. Il y en a deux de 100 mètres sur 60 m qui sont situées à un minimum de 55 milles (100 km) au sud-ouest du (cap) Finisterre et ensuite au moins une centaine de petites taches de 5 à 20 mètres", a précisé lors d'une conférence de presse M. Rajoy qui effectuait sa deuxième visite dans la région depuis le naufrage du Prestige le 19 novembre. Ce sont là "des données de la journée d'hier et je n'ai pas d'autres données chiffrées", a-t-il ajouté, estimant que "discuter" sur d'autres chiffres circulant quant à la dimension des nappes de fioul "n'aurait pas de sens". Interrogé sur l'apparente réduction de la nappe, M. Rajoy a insisté sur sa "fragmentation". Si "au moins une centaine de petites nappes" ont été dénombrées, il "est probable qu'il y en ait davantage", a-t-il estimé. Le sous-marin français Nautile, commandé mardi matin par les autorités espagnoles pour inspecter l'épave du Prestige, devrait arriver dimanche sur place, a indiqué à Toulon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Le Nautile est un sous-marin habité par trois personnes, équipé de caméras, et de bras manipulateurs pour recueillir des échantillons et prendre des mesures. Il a été commandé pour une mission de huit jours pour déterminer l'état de l'épave du Prestige, qui gît par 3.400 mètres de fond avec quelque 60.000 tonnes de fioul dans ses cales. Le gouvernement espagnol a envoyé mercredi la frégate Andalucia au large de la Galice en application de l'accord hispano-français conclu mardi à Malaga, de restriction du trafic maritime des pétroliers jugés potentiellement dangereux, a en outre annoncé M. Rajoy. "Selon ce que me disent les autorités françaises, il n'y a pas de passage prévu" de pétrolier mercredi au large des côtes espagnoles, a ajouté le vice-président du gouvernement tout en assurant que si un pétrolier jugé à risque venait à circuler dans cette zone, il serait "éloigné". L'accord hispano-français prévoit que tout bateau de plus de 15 ans, à coque unique, voyageant dans la zone exclusive des 200 milles, et qui transporte des produits à risques pourra être expulsé de la zone s'il ne peut répondre de ses pavillon, armateur, nature de la marchandise, ports de départ et de destination. La ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio a prôné mercredi un virage "à 180 degrés dans ce qu'a été jusqu'ici l'esprit du droit maritime", estimant que désormais la sécurité maritime doit primer sur la liberté de circulation. L'organisation écologiste Greenpeace a demandé la publication des conclusions des analyses du fioul transporté par le Prestige, estimant "plus que probable" qu'il recèle des substances "hautement toxiques" comme des métaux lourds, qui menacent la santé de ceux qui travaillent au nettoyage de la marée noire. Sur les 140 plages polluées, près de 2.000 tonnes de résidus ont été ramassées depuis le début de la marée noire, le 16 novembre. Le chef du gouvernement José Maria Aznar devait répondre mercredi après-midi au congrès des députés aux questions des responsables socialistes et communistes sur la gestion par son gouvernement de la catastrophe du Prestige, très critiquée par l'opposition au cours des derniers jours. Le courtier d'affrètement londonien Petrian, qui aurait fourni le pétrolier Prestige à l'affréteur Crown Resources, aurait également procuré à TotalFinaElf l'Erika, coulé en 1999 au large de la Bretagne, a révélé mercredi le journal spécialisé Lloyd's List. "Petrian Shipbrokers, qui aurait fourni le Prestige à Crown pour ce funeste voyage, est également cité dans des documents de l'OCDE comme le courtier d'affrètement de l'Erika", rapporte le journal. Interrogé par l'AFP, l'un des employés de Petrian s'est refusé à tout commentaire, indiquant que sa société "ne parle pas à la presse", avant de raccrocher le téléphone. |
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