Vendredi 22 Novembre 2002 |
Prestige: "très importants" risques de pollution en France, selon Bachelot
| PARIS (AFP) - La ministre de l'Ecologie, Roselyne Bachelot, a déclaré vendredi que les risques de pollution des côtes françaises par la marée noire du Prestige, qui a sombré au large des côtes espagnoles, étaient "très importants" et que le gouvernement était "prêt au pire". "C'est une catastrophe écologique qui nous attend et une catastrophe économique", a ajouté la ministre dans une interview sur France 2. Selon la ministre, "toutes les dispositions ont été prises" pour y faire face par les pouvoirs publics, avec notamment la mobilisation d'avions et de bateaux de surveillance. Mme Bachelot a annoncé qu'elle réunissait les associations de protection de la nature "pour qu'elles soient prêtes à encadrer les bénévoles en cas de nettoyage des plages". Cette réunion était prévue vendredi "en fin d'après-midi", a confirmé son entourage à l'AFP. "On sait très bien que les mesures de prévention (de la marée noire) sont extrêmement aléatoires", a observé encore Mme Bachelot. "On voit par exemple que les barrages flottants peuvent protéger des endroits extrêmement localisés ou fragiles des côtes mais qu'ils ne permettent pas d'échapper à une marée noire" qui peut s'étendre sur "plusieurs centaines de kilomètres de côtes". Mme Bachelot a souligné que "de toutes façons on ne pouvait plus" pomper le pétrole du Prestige. "On peut imaginer que le pétrole se pose par le fond. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons proposé aux Espagnols l'assistance d'un petit sous-marin dit de poche de l'IFREMER (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, ndlr) pour aller inspecter ce qu'il advient des caissons de pétrole". Interrogée sur la possibilité que le prochain conseil des ministres européens de l'Environnement (9-10 décembre) accélère la mise en place des mesures déjà décidées par l'UE pour renforcer la sécurité maritime et sur les projets à l'étude en Italie d'interdire dès maintenant les navires à simple coque, Mme Bachelot n'a pas répondu directement. "Il faut bien entendu que l'agence de sécurité européenne (déjà décidée par l'UE) soit mise en place", a-t-elle dit. Il faut aussi que "les vérifications (des bateaux transportant des matières dangereuses) se mettent en place mieux qu'elles ne l'ont été". A propos du Mémorandum de Paris (1982), un accord international qui impose le contrôle de 25% de ces bateaux à l'entrée des ports des pays signataires, Mme Bachelot a souligné que le pourcentage avait déjà progressé en France de 9% à 14%. Elle a rappelé que l'embauche de jeunes retraités de la marine marchande venait d'être décidée par le gouvernement français pour contrôler ces bâtiments, en attendant que de nouveaux inspecteurs prévus à cet effet deviennent opérationnels. Le pétrolier libérien Prestige a coulé mardi à plus de 200 km au large de la Galice (nord-ouest de l'Espagne), après avoir erré pendant six jours à la suite d'une voie d'eau dans sa coque et avoir déversé en mer plusieurs milliers de tonnes de fioul. Une tempête était attendue au large de la Galice, faisant craindre que la pollution ne s'étende à des régions épargnées jusqu'ici par la marée noire. |
Vendredi 22 Novembre 2002 © Source Yahoo