BAYONNE (AFP) - Les
Pyrénées-Atlantiques, qui ont déclenché le plan Polmar-terre, sont prêtes à
affronter les nappes d'hydrocarbures qui dérivent au sud du Golfe de Gascogne depuis le
naufrage du Prestige mais ne menaçaient pas encore directement le littoral français
dimanche."Le nécessaire a été fait" et le siège d'état-major de
la côte basque, basé à Anglet, "est prêt", a déclaré dimanche la ministre
de l'Ecologie Roselyne Bachelot après une journée de visite en compagnie de la ministre
de la Défense Michèle Alliot-Marie.
"Je ne repars pas rassurée mais confiante dans les capacités d'intervention des
forces que j'ai vues à l'oeuvre", a déclaré Mme Bachelot qui devait faire dimanche
soir un compte rendu à Matignon lors d'une réunion interministérielle consacrée
mesures à prendre face aux risques de pollution des côtes françaises.
Le plan Polmar-terre a été déclenché samedi soir "par mesure de
précaution" dans les Pyrénées-Atlantiques après que des nappes d'hydrocarbures
eurent été repérées au large de San Sebastian, à une quinzaine de km de la frontière
franco-espagnole.
Selon Mme Alliot-Marie, ces traces d'hydrocarbures "proviennent vraisemblablement
de dégazages".
Un hélicoptère de la gendarmerie qui a survolé dimanche matin la côte basque
française n'a repéré aucune trace d'hydrocarbure pendant sa rotation, selon la
préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
Les deux ministres, qui ont elles aussi survolé à très basse altitude l'Océan
atlantique jusqu'à Bilbao (Espagne) à bord d'un Bréguet atlantique, ont confirmé
n'avoir pas vu de "présence de plaque d'hydrocarbures" dans la zone proche du
littoral français.
"Si atterrissage des nappes il devait y avoir", a dit Mme Bachelot au cours
d'une conférence de presse, ce serait "plutôt dans une échéance 72 heures que de
24 heures". "Il n'y pas de menaces dans les 48 h, il faut néanmoins demeurer
vigilant", a ajouté Mme Alliot-Marie avant d'estimer que "la pollution n'est
pas inéluctable".
La dérive des nappes dépend en effet des courants et des vents. Les courants
ramènent normalement les éléments vers le nord. Cependant, le vent de nord, et même
d'est, qui souffle depuis samedi, a tendance à les repousser vers le large.
Pour autant, Mme Alliot-Marie a souhaité que "le plan de prévention qui a été
mis en oeuvre soit prolongé dans les jours et les semaines qui viennent".
A Saint-Jean-de-Luz, deux chalutiers ont procédé dimanche à d'ultimes essais d'un
nouveau procédé de ramassage des hydrocarbures en mer, avant leur départ prévu lundi.
Six autres chalutiers français ont quitté le port basque depuis mercredi dernier pour
aller à la rencontre des nappes de fioul lourd, disséminées dans l'Atlantique depuis le
naufrage du Prestige au large de l'Espagne le 19 novembre.
Alors que les deux ministres s'envolaient pour Paris, plusieurs organisations et partis
politiques du Pays basque (la CFDT, les Verts, les partis indépendantistes Abertzaleen
Batasuna et Eusko Alkartasuna) ont dénoncé dans une conférence de presse commune
"la gesticulation compassionnelle" du gouvernement français depuis le naufrage,
en annonçant la création d'un "comité de surveillance".