PARIS (Reuters) - Jacques
Chirac a dénoncé en conseil des ministres le "comportement de voyous" des
affréteurs de "bateaux-poubelles" et a demandé au gouvernement de réunir un
comité interministériel pour suivre les conséquences du naufrage du pétrolier Prestige
le 19 novembre au large de la Galice. Le chef de l'Etat, dont les propos
étaient rapportés par le secrétaire d'Etat à l'Equipement et à la Mer, a déclaré
"qu'il y avait des comportements de certains armateurs ou de certains affréteurs qui
étaient des comportements de voyous".
"C'est un terme fort qu'il a utilisé et il a demandé au Premier ministre de
réunir un comité interministériel de suivi pour que l'ensemble des ministres concernés
par la gestion de l'affaire du Prestige soient réunis régulièrement, quasi
quotidiennement, à partir des jours à venir", a ajouté Dominique Bussereau.
Ce dernier, qui a fait une communication sur la sécurité maritime en conseil des
ministres, a estimé qu'il n'y avait pas de danger immédiat de pollution des côtes
françaises par le fioul échappé des cuves du Prestige.
"Le vent, depuis ce matin, était de nouveau un vent de Nord, donc ça veut dire
que les galettes remontent plus vers le Nord qu'elles ne vont vers nos côtes",
a-t-il dit. "Mais le risque existe, il est réel."
Le plan Polmar Mer, de lutte d'urgence contre la pollution en mer, a été activé
mardi après-midi "par précaution", alors que son volet terre était déjà en
pré-alerte.
"On n'est pas pour l'instant dans un modèle Erika avec la grosse nappe de fioul
qui arrive sur nos côtes; on est avec des galettes, des choses visqueuses qui arrivent et
donc on peut essayer de les récupérer au coup par coup à chaque fois", a précisé
Dominique Bussereau, selon qui l'opération pourrait commencer lorsque ces résidus
arriveront à 100 ou 50 km des côtes françaises.
"Pour l'instant, rien n'est à moins de 200 km de nos côtes", a-t-il
ajouté. "Mais à tout moment en cette saison les vents d'ouest peuvent revenir et
donc il y a une menace réelle à terme pour les côtes d'Aquitaine, de Poitou-Charentes
et des Pays de Loire, et c'est pour éviter cette menace que le plan Polmar Mer est mis en
oeuvre."