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Mercredi 18 Décembre 2002

Pollution : le ras-le-bol des associations écologistes françaises

 
PARIS (AFP) - Les grandes associations écologistes françaises ont exprimé lundi leur "ras-le-bol" face à la marée noire du Prestige, trois ans à peine après celle de l'Erika, et ont refusé d'envoyer des bénévoles sur les plages pour "nettoyer à la place des pollueurs".

Robin des Bois, France Nature Environnement, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Surfrider Fondation Europe, Keep it Blue et le Collectif anti-marées noires de Saint-Nazaire tenaient lundi une conférence de presse commune.

"Nous sommes unanimes pour dire qu'il y en a marre d'appeler les bénévoles à aller ramasser les cochonneries que devraient ramasser les pollueurs", a lancé Christian Garnier, vice-président de FNE.

La fédération, qui regroupe quelque 3.000 associations en France, demande à ses membres de ne pas participer directement au ramassage du fioul, mais de simplement contrôler les opérations.

Les militants sont invités à prendre part aux réunions avec les préfets, dans le cadre du plan Polmar, pour organiser d'éventuelles opérations de nettoyage et éviter des dégradations des milieux fragiles.

Robin des Bois, qui maintient une équipe de bénévoles en Galice, met en garde les volontaires : "si vous allez nettoyer, surtout, faites-le avec l'équipement indispensable, combinaisons, gants, masques".

Le fioul du Prestige est notamment constitué, comme celui de l'Erika (coulé en 1999 au large des côtes bretonnes), des hydrocarbures aromatiques, composés toxiques et cancérigènes. Un contact sans protection peut entraîner des nausées, vomissements, lésions cutanées. Enfants et femmes enceintes doivent impérativement se tenir éloignés du produit.

Les associations ont appris de l'Erika. "On sait débusquer les phrases creuses, les effets de manche", a souligné Jo Le Guen (Keep it Blue).

Toutes dénoncent "l'inertie des pays européens" et réclament des "décisions radicales" de l'Union pour mettre de l'ordre dans un système de transport maritime dénoncé comme "opaque, clos".

Greenpeace France va ainsi rencontrer dans la semaine des conseillers du président Jacques Chirac pour demander un régime de responsabilité illimitée des compagnies pétrolières et des armateurs.

Son directeur Bruno Rebelle a rappelé que les Etats-Unis n'ont pas connu de pollution majeure depuis la catastrophe de l'Exxon Valdez et l'adoption de l'Oil Pollution Act de 1989. La loi américaine exige que tout navire entrant dans ses eaux produise un certificat d'assurance prouvant que navire et cargaison sont couverts de manière illimitée.

"Je ne connais pas d'assureur qui couvrirait dans ces conditions un navire poubelle", a-t-il souligné.

Conformément à la convention de l'Organisation maritime internationale (OMI), l'Erika comme le Prestige ne sont assurés que partiellement, à hauteur de 13 millions d'euros pour le premier et 20 M EUR pour le second, a-t-il indiqué.

"L'Union européenne doit sortir du régime de responsabilité limitée de l'OMI et contribuer, avec les Etats-Unis, à assainir le monde du transport maritime", a souligné M. Rebelle.

France Nature Environnement proposera cette semaine aux autres associations une plate-forme de mesures pour réguler le transport maritime, qu'elle adressera aux élus dans chaque pays européen. Une pétition va également associer le public, par l'intermédiaire des magasins Nature et Découverte.

 

Mercredi 18 Décembre 2002 © Source Yahoo