MADRID (AP) - Une
cinquantaine de bateaux suspects sont entrés dans les ports espagnols ces dix derniers
jours en dépit des promesses de Madrid et d'autres pays européens d'expulser tout les
bâtiments à risques suite au naufrage du "Prestige", révèle vendredi un
institut de recherche espagnol."Plus de 50 bateaux présentant des
problèmes de sécurité ou des chargements dangereux, battant pavillon de complaisance et
âgés de 15 à 34 ans sont entrés", depuis que l'Espagne et la France ont annoncé
le 26 novembre que les navires dangereux seraient refoulés, souligne la Fondation Hogar
del Empleado (Foyer de l'employé), un institut de recherche spécialisé dans les
questions sociales et écologiques.
"Depuis que le gouvernement espagnol a annoncé qu'il renforcerait les contrôles
et n'autoriserait pas ces bateaux dans les eaux espagnoles, rien ou peu a été
fait", souligne l'institut dans un rapport publié vendredi sur son site Web.
L'organisme souligne que 52 des bateaux recensés figurent sur une liste noire établie
par Paris-MOU, une organisation internationale de sécurité maritime. Parmi eux, 16 sont
considérés comme "à haut risque" ou "à très haut risque". Ce
rapport paraît alors que le gouvernement de José Maria Aznar se voit déjà reprocher en
Espagne par l'opposition et les écologistes de chercher à minimiser la marée noire du
"Prestige".
Le 26 novembre, Paris et Madrid avaient annoncé l'instauration de contrôles
exhaustifs sur les pétroliers à simple coque de plus de 15 ans qui entrent dans leur
zone économique exclusive (ZEE), et l'expulsion de tous les bateaux suspects.
Les médias espagnols ont souligné cette semaine l'inefficacité de ces mesures en
rapportant que le premier bateau refoulé de la ZEE, qui s'étend sur 200 milles nautiques
(360km) au-delà des côtes, le pétrolier sous pavillon maltais "Moskowsky"
était amarré au large de Gibraltar. Contrairement au Portugal et à l'Italie, Londres
n'a pas apporté son soutien aux mesures annoncées par Madrid et Paris. En outre, les
détroits comme ceux de Gibraltar ne sont pas inclus dans les ZEE, a souligné la presse.
AP