polmarcom2.jpg (12647 octets) Pollution par marée noire

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  LE SOUVENIR D'ERIKA

Les grandes marées noires sont des événements spectaculaires et tragiques, qui jalonnent l'histoire du transport maritime d'hydrocarbures. Plusieurs grandes catastrophes se sont produites : la plus importante fut celle de la tête du puits sous marin d'Ixtoc One, dans le golfe du Mexique où 600 000 tonnes de pétrole brut se sont déversées dans l'océan entre juin 1979 et février 1980 (soit trois Amoco Cadiz!!), mais il y a eu aussi en 1967, le Torrey Canyon; en 1978 l'Amoco Cadiz; en 1989, l'Exxon Valdez et bien sûr Erika en décembre 1999. Elles ont toutes fortement perturbées la faune et la flore marine.

 Nous allons décrire les conséquences engendrées par une marée noire et comment s'effectue le repeuplement de la flore

 Prenons l'exemple tristement célèbre du Torrey Canyon pétrolier Libérien . Il s’échoua le 18 mars 1967 en début de matinée sur l'une des Seven Stones, où il déversa ses 118 000 tonnes de pétrole brut Koweïtien.  La nappe toucha les côtes de Cornouailles et les côtes Françaises en Côte d'Armor et Nord Finistère.  Les chercheurs Anglais estimèrent à 100 000 tonnes d'algues détruites en quelques semaines par la marée noire, la re-colonisation a été suivie pendant une dizaine d'années. On a observé des déséquilibres et des fluctuations des populations au cours du repeuplement des zones « intertidaux », ainsi il existe une compétition entre les algues calcaires lithothamniées et des petits crustacés (les chtamales) et des déséquilibres entre les algues fucus et les animaux qui s'en nourrissent. Il faut attendre une dizaine d'années avant de retrouver un nouvel équilibre.

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Les mêmes conséquences ont été observées après le naufrage du pétrolier géant l'Amoco Cadiz le 16 mars 1978 en face du petit port de Portsall, à moins de deux miles de la côte nord- ouest du Finistère, où il y déversa 223 000 tonnes de pétrole léger et 4000 tonnes de fuel lourd en une douzaine de jours.  Les conséquences écologiques de cette marée noire ont été catastrophiques, une évaluation globale de la mortalité subie par les espèces marines a été tentée : sur une surface totale de 220 000 hectares comprenant 50% de substrat rocheux, la biomasse détruite par la pollution représenterait 260 000 tonnes de poids frais. 

      En baie de Morlaix, on a observé une réduction de 20% du nombre des espèces, de 80% de la densité des individus, de 40% de la biomasse totale. A la suite d'une telle catastrophe, on observe trois étapes :

- une phase de destruction des espèces vivantes ;

- puis une phase de stabilisation dont la durée varie de quelques mois à plus d'un an ;

- et enfin une phase de recolonisation et de restructuration du peuplement qui
s'étend sur une période de 6 à 10 ans.

        Sous nos latitudes, six à sept ans suffisent pour faire disparaître presque totalement les traces d'une marée noire Mais il existe des zones où l'arrivée massive de pétrole dans des milieux très protégés reste polluées à plus long terme. Ainsi 13 ans après l'échouement de l'Amoco Cadiz, certains marais et quelques vasières n’avaient toujours pas retrouvé leur repeuplement d'avant la catastrophe

 Tous les drames que je viens de vous décrire sont des « accidents ». Mais la plus grande marée noire de tous les temps n'est pas due à un accident mais a la folie humaine: LA GUERRE.  Elle s'est produite dans le golfe Arabo-Persique, en 1991, pendant la guerre du Koweït.  Les nappes, provoquées par le naufrage de pétroliers bombardés ou par l'ouverture volontaire de vannes de grands réservoirs («tactique» mis au point par les responsables militaires irakiens) atteignent plusieurs centaines de kilomètres de longueur. On estime que les quantités d’hydrocarbures répandues peuvent atteindre 1 million de tonnes soit l'équivalent de quatre fois la quantité déversée par L'Amoco Cadiz.  Dans cette mer peu profonde et fermée que constitue le Golfe, où les eaux ne se renouvellent que tous les 2 siècles, on peut être certain que les dégâts se feront sentir longtemps, très longtemps.

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Aussi dramatique que soit les conséquences à court terme d'une pollution par hydrocarbure, il n'y a donc quasiment pas de traces à long terme.  L'étude des repeuplements a permis de mettre en évidence l'importance de succession des différentes phases permettant le retour et la restructuration des espèces vivantes et le retour à un nouvel équilibre des écosystèmes touchés. On estime à 100 000 tonnes de pétrole qui transite chaque jour au large des côtes Bretonnes. Le gouvernement français a donc mis en place en 1978 après le drame de l'Amoco Cadiz un plan de surveillance « le plan POLMAR » qui contrôle les routes de navigation particulièrement renforcées en Manche pour lutter contre les pollutions marines et un centre de documentation, de recherche et d'expérimentation implanté à Brest sur les pollutions accidentelles des eaux.

                                                                 



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Lettre.gif (4085 octets) - créé le 12/04/2000