Terra libra l   www.polmar.com

dauphin_home.gif (1599 octets)  

Mercredi 01 Novembre 2000

Le styrène, plus dangereux à l'état gazeux

La nature même du produit transporté par le Ievoli Sun suscitent des inquiétudes. Le degré de toxicité du styrène est variable en fonction de sa transformation.

Roger Pichon, expert sur les risques chimiques, ingénieur de recherches à l'Université de Bretagne occidentale à Brest précise que le méthyle-trichlorosilane (1.100 t) et l'alcool isopropylique (1.000 t) « sont deux produits alcoolisés solubles dans l'eau. S'il y a une fuite, il y aura dilution très grande, compte tenu du fort courant ».

Un produit cancérigène
En revanche, pour le styrène (3.998 t), « on ne peut pas exclure un risque d'explosion, mais je n'y crois pas. Le styrène est stabilisé car la température est fraîche. C'est un produit classé cancérigène. Si une citerne fuit et qu'il remonte à la surface, il sera à l'état liquide, une sorte de liquide huileux, et se polymérisera (durcira) à la surface en créant des petits fils de polymères. La toxicité sera donc perdue ».

Transformation en gaz possible

L’IFREMER explique pourtant que le styrène pourrait tout aussi bien, en cas de remontée en surface, « se transformer pour partie en gaz et passer dans l'atmosphère, ce qui est susceptible de provoquer des irritations respiratoires, des maux de tête et même des vomissements ».
Transformé en gaz, le styrène a une odeur facilement détectable, même à très faible concentration (0,5 partie par million). S'il était transporté par les vents, une fraction pourrait arriver rapidement au-dessus du Cotentin.
La partie du styrène qui resterait dans l'eau se dégraderait par oxydation. Les trois quarts se dégraderaient en 15 jours, le reste demandant plusieurs semaines. Le produit serait en partie ingéré par des bactéries et transformé en phényle par exemple. Il se dégraderait aussi en polymères et apparaîtrait à la surface de l'eau en filaments plastiques qui flotteraient et se disperseraient. Cette partie du produit n'est pas toxique pour l'écosystème et ne s'accumule pas dans les poissons, les coquillages et les crustacés, mais elle leur donnerait « un goût désagréable même à très faible concentration ».


Mercredi 01 Novembre 2000 © Source Le télégramme

dauphin_home.gif (1599 octets)