Terra libra l   www.polmar.com

dauphin_home.gif (1599 octets)  

Jeudi 02 Novembre 2000

Le Rina, mystérieux et convoité

Le registre italien naval (Rina) est une institution génoise aussi vieille que l'unité d'Italie. Il a en effet vu le jour dans la patrie de Christophe Colomb en 1861, l'année où Garibaldi achevait la conquête de la péninsule. Pour la deuxième fois en un an, son nom est associé à une catastrophe maritime. C'est le Rina qui avait contrôlé l'Ievoli Sun depuis son lancement en 1989. C'est le Rina encore qui avait inspecté le pétrolier Erika et qui lui avait octroyé un certificat de navigabilité quelques jours avant son naufrage, en décembre dernier.
Le Rina ne peut pourtant être considéré comme une officine délivrant des certificats au rabais. C'est une institution vénérable comptant 615 salariés dispersés dans 51 bureaux du monde entier et ayant contrôlé et classé 3-000 navires pour une jauge brute totale de 18 millions de tonnes.
Ce qui ne manque pas de surprendre au vu des deux dernières catastrophes, c'est le succès que remporte le Rina dans ses inspections. Un classement élaboré dans le cadre du protocole de Paris sur les contrôles portuaires en atteste. Seulement 4-% des navires figurant sur les listes d'inspection du Rina ont été en effet l'objet de «détention», une contrainte imposée par l'autorité du port où le navire fait escale. En pareil cas, le navire n'est autorisé à reprendre le large qu'après avoir résolu le problème qui peut aller de documents de bord non conformes à de graves problèmes de structure. L'Ievoli Sun, par exemple, avait fait l'objet de trois mesures de «détention» au cours des dernières années: en mars 1997, en avril 1999 et, la dernière fois, en octobre 2000 à Rotterdam, d'où il était reparti le 23. «Pas pour problèmes structurels», précise le Rina, qui l'avait lui-même inspecté en avril 2000 dans le cadre de ses visites de routine.
Sur la base de sa notation, le Rina juge «honteux» les soupçons portés contre lui au lendemain du naufrage de l'Ievoli Sun: «C'était un bâtiment moderne, encore jeune, répondant pleinement aux normes de sécurité internationales et ayant fait l'objet d'inspections régulières», soutient un de ses responsables.
Une réaction d'orgueil qui se comprend mieux quand on sait que la libéralisation prochaine du secteur risque de contraindre le Rina à nouer une alliance internationale. Toute campagne de dénigrement pourrait l'affaiblir. Des candidats ont déjà fait des approches, dont le Bureau Véritas français. Son directeur pour l'Italie, Claudio Zanardini, balisait la semaine dernière les grandes lignes d'une alliance: maintien de l'identité juridique, du siège et de l'autonomie administrative du Rina et entrée du registre italien dans l'actionnariat du Bureau Véritas avec une présence au conseil d'administration et une participation dans tous les comités stratégiques. Une alliance qui ferait du groupe Véritas-Rina un leader mondial de la vérification navale.

Mercredi 01 Novembre 2000 © Source Le Figaro

dauphin_home.gif (1599 octets)