Dimanche 03 Décembre 2000 |
Naufrage du Ievoli Sun
questions-réponses : réglementation
1/. Y a-t-il des matériaux dont le transport
par navire est interdit ?
Sont interdits au transport lensemble des matières et objets qui sont
susceptibles dexploser, de réagir dangereusement, de produire une flamme ou un
dangereux dégagement de chaleur, une émission de gaz ou de vapeurs toxiques, corrosifs
ou inflammables,.
Dans le cadre de la sécurité de la vie humaine en mer, le chapitre VII de la
convention SOLAS (sauvegarde de la vie humaine en mer) répartit les marchandises
dangereuses en 4 grands groupes en fonction de leur mode dexpédition et de
leur état physique (liquide/solide/gaz)
Ces 4 grands groupes sont :
les produits chimiques liquides dangereux en vrac, | |
les gaz liquéfiés en vrac, | |
les marchandises dangereuses sous forme solide en vrac, | |
les marchandises dangereuses en colis, |
De plus, aux fins de la prévention de la pollution, la convention
MARPOL (Convention pour la prévention de la pollution par les navires) répartit les
polluants marins en 3 groupes :
les hydrocarbures transportés en vrac, | |
les substances liquides nocives transportées en vrac, et | |
les substances nuisibles en
colis. |
Cette classification est élaborée au sein de lOrganisation Maritime Internationale.
3/. Qui contrôle les navires dans les ports français ?
En
France, le contrôle est réalisé par les 15 centres de sécurité des navires. Ces
services spécialisés des Affaires Maritimes sont chargés à la fois de la délivrance
des titres aux navires français et de linspection des navires étrangers.
4/.
Combien de personnes assurent le contrôle des
navires ?
En
ce qui concerne les grands navires, il y a actuellement 60 inspecteurs de la sécurité
des navires, dont 40 sont compétents en matière de visite de navires étrangers.
Leffectif dinspecteurs sera progressivement
porté à une centaine au cours des deux
années à venir. Les capacités de contrôles des navires dans les ports seront doublées
dès 2001.
5/.
Quel est le rôle des sociétés de
classification ?
Le
rôle des sociétés de classification est double.
Dune part, elles jouent un rôle fondamental en établissant des règlements en matière de sécurité de la construction et de la maintenance des navires et en surveillant à bord la mise en uvre de ces règlements, à la demande des armateurs.
Dautre part, les sociétés de classification reçoivent délégation de la part des Etats pour la délivrance des certificats de sécurité des navires au titre des conventions internationales (ou des règlements nationaux). En France, ladministration délivre elle-même la plupart des certificats aux navires, à lexception du certificat de franc-bord, qui peut être délivré par les sociétés reconnues par la France,
6/.
LErika avait une note de 12, le Ievoli de 32, un chimiquier turc une note de 48. Que
signifie cette note ?
Les
navires ne sont pas notés à proprement parler. Le Memorandum de
Paris, dont la France est l'un des signataires, a mis en place un coefficient destiné à
permettre aux inspecteurs dexercer un choix rapide entre
plusieurs navires disponibles pour une inspection dans un port.
Ce
coefficient de ciblage prend en compte un certain nombre de données objectives comme son
inspection récente, son immobilisation potentielle, ses défaillances constatées ou son
inscription sur la liste noire des pavillons.
On voit donc que
cette valeur ne mesure pas directement la qualité dun navire, mais
détermine le degré de priorité qui lui est assigné pour quune inspection soit
conduite à bord.
7/. Quels
contrôles, quelles obligations a un navire français vis-à-vis des autorités
françaises ?
Pour un navire français, lautorité française est celle du pavillon. Elle
assume la responsabilité de la délivrance des titres de sécurité nationaux ou
internationaux.
Cela suppose de la part de larmateur quil sassure de la conformité du
navire aux règles correspondantes et exerce un suivi attentif de son état
dentretien.
8/.
Quelles obligations a un navire qui pénètrent dans dans les eaux françaises ?
Un navire européen ou provenant dun pays hors Union Européenne doit respecter
les conventions internationales ratifiées par lEtat du pavillon.
Ce respect est présumé par la possession des certificats internationaux qui se
trouvent à bord.
La France, ainsi que ses voisins européens doit réaliser un objectif de contrôle de 25
% de ces navires en escale dans nos ports. Ces inspections ont pour but de vérifier le
respect des conventions internationales, et dempêcher le départ des navires qui
mettent en danger la vie de léquipage ou lenvironnement. De plus, certains
navires sont bannis, cest à dire que leur accès est interdit dans les ports
européens.
9/. Quand le
Ievoli Sun a-t-il été contrôlé, par qui ?
LIevoli Sun a subi sa dernière visite statutaire le 30
septembre 2000, par le RINA au nom de lautorité italienne.
Au cours de cette visite, tous les certificats ont été visés.
10/.
Au départ de la France, le Ievoli Sun aurait-il eu lautorisation
dappareiller ?
Il nest pas délivré dautorisation dappareiller : le principe
est la libre circulation des navires de
commerce. Seuls sont immobilisés ceux dont la visite dans un port étranger, (doù
lappellation de contrôle par lEtat du port) a montré des déficiences
importantes à légard de la sécurité des personnes ou de lenvironnement.
LIEVOLI SUN avait subi plusieurs visites dans ce cadre et avait été immobilisé
trois fois. La dernière visite effectuée au Pays bas le 26 octobre, quelques jours avant
le naufrage, avait donné lieu à une inspection renforcée au cours de laquelle des
déficiences en matière déquipements de sauvetage, de lutte contre lincendie
et concernant le code de gestion de la sécurité avaient été relevées.
Ces réparations effectuées, le navire avait pu quitter les Pays
Bas.
11/. Quest-ce que la France avait préconisé
à la suite du naufrage de lErika ?
Sur le plan national
Le
ministre des transports a réuni lors dune table ronde, le 10 février 2000, les
principaux acteurs du transport maritime pétrolier en France, qui se sont engagés dans
une charte signée par tous.
Les comités
interministériels de la mer (CIM) qui se sont tenus les 28 février et 27 juin, sous la
présidence du Premier ministre, ont pris de nombreuses initiatives pour renforcer les
moyens attribués à la sécurité maritime.
· Deux cents postes supplémentaires
seront créés en 3 ans pour renforcer les centres de sécurité des navires, les CROSS,
les unités du littoral des affaires maritimes, et les officiers de ports.
· La remise en état de la signalisation
maritime sera accélérée
· Un second patrouilleur de haute mer
sera commandé.
Des moyens dinterventions supplémentaires seront mis en place pour la Marine
Nationale, les Douanes, la Gendarmerie Maritime.
· Les rôles des ministres chargés de
la mer, de la sécurité civile et de l'environnement sont précisés pour ce qui concerne
la prévention, la veille technologique, l'expertise, la préparation de l'intervention et
la gestion de crise. Les modalités d'une meilleure cohérence des plans et des
opérations de secours sont également définies.
Le 15
février 2000, le gouvernement a adressé aux organisations internationales compétentes
(Organisation maritime internationale, FIPOL et Union européenne), trois mémorandums
fondés sur trois principes
· la
prévention : améliorer la surveillance en étendant lidentification
systématique des navires transportant des produits dangereux et en exigeant la
transmission préalable dun dossier de sécurité avant laccès à un port
européen.
· le
renforcement des normes et des contrôles : accélérer lélimination des
pétroliers à simple coque, harmoniser les conditions de travail des équipages,
renforcer le contrôle de la structure des navires et assurer un meilleur contrôle des
organismes chargés de la sécurité : inspecteurs des Etats du port et du pavillon et
sociétés de classification.
· plus
de responsabilisation et de sanctions :
accroître la transparence grâce à la mise en commun dinformations sur les navires
sur la base de données EQUASIS, faire évoluer le dispositif du FIPOL (fonds
international d'indemnisation des dommages dus à la pollution par hydrocarbures) et
bannir les navires ne respectant pas les normes internationales.
12/. Qui a signé la Charte de la sécurité des
transports maritimes pétroliers ?
Le ministre des transports a réuni lors dune table
ronde le 10 février 2000, les principaux acteurs du transport maritime pétrolier en
France, qui se sont engagés dans une charte.
Les signataires sont les responsables de lUnion Française des Industries
Pétrolières (UFIP), Totalfina, Shell, Esso, BP, lUnion des importateurs
pétroliers, lAssociation des utilisateurs de transport de fret, Van Omeren tankers,
CCAS, Véritas.
13/.
Quels engagements ont été pris par les signataires de cette charte ?
· Notamment,
les affréteurs sengagent à ne plus utiliser de navires à simple coque à partir
de 2008 et à éviter, sauf contrôle très strict, les navires de plus de 15 ans, ainsi
que ceux qui ont souvent changé darmateurs et de sociétés de classification.
· Les
armateurs sengagent à effectuer sur leurs navires des contrôles techniques de
structure en cale sèche tous les 2,5 ans et à respecter lintégralité des
conventions de lOrganisation Maritime Internationale OMI (sécurité, prévention de
la pollution) et de lOrganisation internationale du travail (OIT) (aspect social).
· Ils sengagent tous à renseigner et à utiliser la base de données EQUASIS relative aux renseignements sur létat de navires.
14/. Quelle est la réglementation actuelle en matière de circulation maritime de produits chimiques ?
La réglementation en matière de circulation maritime de produits
chimiques repose sur 2 arrêtés des Préfectures Maritimes, un pour la zone Manche-Mer du
Nord-Atlantique, l'autre pour la Méditerranée, ainsi que sur lapplication de la
Directive 93/75 Hazmat.
Ces arrêtés sappliquent aux navires citernes transportant
des hydrocarbures , des substances liquides nocives, ainsi que toutes substances ou
marchandises dangereuses.
Ils imposent, dans les eaux territoriales françaises, le
signalement des mouvements, des
capacités de manuvre et de navigation des navires et le signalement des accidents
de mer.
La
Directive n°93/75/CEE du 30 septembre 1993 (HAZMAT) a pour objectif général
l'amélioration de la sécurité par un échange systématique dinformations très
détaillées entre les différents acteurs du transport maritime de marchandises
dangereuses ou polluantes (exploitants de navires, capitaines, chargeurs, pilotes) et les
autorités compétentes désignées au sein des états membres.
Cette directive relative aux
conditions minimales pour les navires en provenance ou à destination des ports maritimes
de la Communauté et transportant des marchandises dangereuses ou polluantes est entrée
en vigueur le 14 septembre 1995.
15/.
Qui peut battre pavillon français ?
Le droit de battre pavillon français est subordonné à la détention dun
"acte de francisation" délivré par les services des douanes.
Pour être "francisé", un navire doit répondre à deux conditions (article 219
du code des douanes) :
1.
avoir
été construit dans le territoire de la République ou y avoir acquitté les droits et
taxes dimportation ;
2.
appartenir
pour moitié, au moins, à des ressortissants dun Etat membre de la Communauté
européenne ou, sagissant des navires armés au commerce ou à plaisance, dun
Etat partie à laccord sur lEspace économique européen.
16/.
Comment sont organisées les autorités
maritimes sur le plan international ?
Laction des autorités maritimes est coordonnée par des conventions maritimes
internationales, sous légide de lOrganisation Maritime Internationale (OMI).
Chaque
autorité maritime relève de son propre gouvernement
17/.
Existe-t-il une équipe de gardes côtes
européens ?
Actuellement il nexiste pas déquipe de gardes côtes européens.
En France, les différentes administrations intervenant en mer (Marine Nationale, Affaires
Maritimes, Douanes, Gendarmerie, Sécurité Civile) sont placées sous lautorité
des Préfets maritimes chargés de la coordination de lEtat en Mer.
La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) est également largement sollicitée dans le cadre du sauvetage en mer.
Dimanche 03 Décembre 2000 © Source Ministère de l'équipement