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Samedi 04 Novembre 2000

Produits de la mer sous haute surveillance

Plusieurs prélèvements de produits vivants auront lieu dans la journée aux environs de l'épave, notamment vers les lieux de production d'huîtres et de moules. Malgré l'appel à la vigilance de l'Afssa, les autorités françaises se sont montrées rassurantes sur les conséquences du naufrage.

 Les manœuvres de surveillance autour de l'épave du Ievoli Sun, dépendantes d'une météo très défavorable, sont restées très limitées, hier, au large du Cotentin, et seuls les contrôles aériens se sont poursuivis normalement. Le chasseur de mines Céphée n'ayant pu intervenir, la société Stolts Comex, qui était intervenue sur l'épave du pétrolier Erika et sur celle du sous-marin russe Koursk, a décidé de mettre à l'eau mardi matin un robot autopropulsé afin d'examiner la coque de l'épave, qui n'a toujours pas bougé.

En fin de matinée hier, une nouvelle nappe a été décelée sur les lieux de l'accident, juste au-dessus du Ievoli Sun, sans que sa taille et sa nature puissent être déterminées. Les prélèvements d'eau et d'air effectués jeudi soir dans le secteur immédiat du naufrage avaient en outre révélé des teneurs «négligeables» en styrène, démontrant, selon un spécialiste, «une évaporation très forte du produit ainsi qu'une faible polymérisation». La préfecture maritime estimait qu'il pouvait également s'agir de «traces d'émulsion». Dans ce cadre, un bateau allemand, le Neuwert, est attendu demain soir en Manche. Décrit comme «suréquipé», ce dernier est spécialisé dans la récupération d'hydrocarbures et peut travailler en zone contaminée. Un ingénieur chimiste du Service spécial fédéral de lutte contre les pollutions maritimes (SBM) sera à bord. Enfin, un autre navire, britannique cette fois, le Mermaid, a tenté de poser quatre bouées lumineuses afin de baliser le périmètre de sécurité de 3 milles nautiques interdit à la navigation. Dans la nuit de jeudi à hier, cinq des 35 bateaux détournés de cette zone par les autorités maritimes avaient en effet réussi à passer.

Aujourd'hui, plusieurs prélèvements de produits vivants, notamment entre la zone de l'épave et la côte, vers les lieux de production d'huîtres et de moules, devraient être effectués. Dans son rapport, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a toutefois recommandé aux consommateurs de ne pas manger les produits de la mer sentant mauvais ou ayant mauvais goût.

Hier, le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, le contre-amiral Laurent Mérer, a demandé la mise à disposition de moyens internationaux, prévue par les accords de Bonn, permettant une entraide entre la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Norvège. Dans le même temps, la Commission européenne mobilisait un groupe d'experts sur la pollution maritime. La fédération nationale des syndicats maritimes CGT a pour sa part réclamé «l'obligation du contrôle effectif des travaux par les affaires maritimes avant toute autorisation de départ à la mer». De plus, trois membres de l'organisation écologiste Greenpeace embarqueront dès que possible à bord d'un bâtiment de la marine nationale. La Ligue pour la protection des oiseaux et le Groupe ornithologique normand ont lancé hier soir un plan d'action «SOS-Oiseaux et mammifères marins».

Samedi 04 Novembre 2000 © Source Nice-Matin

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