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Mardi 31 Octobre 2000


Naufrage du Ievoli Sun : la Bretagne encore menacée



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L'épave de l'Ievoli Sun, en partie immergée, au large de l'ile de Batz.

L'inquiétude en Bretagne après le naufrage dans la nuit de dimanche 29 à lundi 30 octobre 2000 d'un chimiquier italien, l'Ievoli Sun, dont l'épave, en partie immergée à 70 km au nord de l'ile de Batz (Finistère), menace de libérer sa cargaison de produits toxiques.

Le navire, dont les 14 hommes d'équipages italiens (12) et espagnols (2) ont été évacués sains et saufs hier matin, est stabilisé depuis le milieu d'après-midi par le remorqueur Abeille Flandre qui a réussi à stopper sa dérive.

Cependant, « le tiers avant du navire est immergé », a précisé au cours d'une conférence de presse le préfet maritime de Brest, Jacques Gheerbrant.

L'Ievoli Sun contient 6 000 tonnes de produits chimiques dont le principal (4,000 t), le styrène, est « insoluble dans l'eau, très toxique, très corrosif et déflagrant », selon la préfecture maritime. Les deux autres produits, le méthyle trichlorosilane (1,000 t) et l'alcool isopropylique (1,000 t), sont solubles dans l'eau et très faiblement toxiques, a-t-on indiqué.

« Le pire scénario »

Le navire a commencé à être remorqué hier soir par l'Abeille Flandre vers un port de la Manche.

Dans un premier temps, il a fallu stopper sa dérive est-sud-est, qui, à raison d'1,5 nœud (près de 3 km/h), l'aurait amené inexorablement vers la côte nord de la Bretagne. Deux scénarios sont envisagés : soit le navire peut continuer à flotter, auquel cas il est possible de l'amener dans un port. Soit il va couler avec sa cargaison. « Le pire scénario » serait que ces produits chimiques « entrent dans un estuaire : c'est la mort assurée de toute faune et toute flore », a assuré le directeur du centre d'études CEDRE, Michel Gerin.

Bien que de construction relativement récente (1989), l'Ievoli Sun, qui avait chargé à Fawley (Grande-Bretagne) et se rendait à Berre (Bouches-du-Rhône), présente un mauvais facteur de risque. Il est classé 35, sachant qu'au-delà de l'indice 50, les navires ne sont plus autorisés à prendre la mer.

De nouveau le RINA

« C'est un navire d'un état très moyen », a souligné le commissaire Jean-Loup Velut. Le ministère des Transports a précisé que le RINA (NDLR : société italienne qui assurait la classification du pétrolier Erika, naufragé en décembre dernier au large de la Bretagne sud) est la société de classification du navire.

Une équipe française d'évaluation s'est rendue sur le chimiquier en cours de journée pour estimer ses capacités de flottabilité et voir si un tel remorquage est envisageable.

De plus, les conditions météo ne sont pas favorables. Après une accalmie relative, la mer reste forte et un coup de vent susceptible d'aller jusqu'à la tempête est attendu demain. De plus, le vent devrait tourner jeudi au noroit, poussant ainsi vers la côte et ses écosystèmes très fragiles toute cargaison rejetée à la mer.

Plan Polmar

Le plan Polmar a été déclenché et des contacts établis avec les autorités britanniques, le navire se trouvant à la limite des eaux des iles anglo-normandes.

L'ensemble des collectifs anti-marées noires et les Verts se sont dits consternés par le naufrage du chimiquier, faisant immédiatement le rapprochement avec la catastrophe de l'Erika.

Les Verts du Finistère parlent de « terrible menace de pollution chimique ». De son côté, l'association Bretagne Vivante souligne que la Bretagne est « d'ores et déjà confrontée à une pollution dont les conséquences pourraient menacer les milieux littoraux » et leur faune.

Mardi 31 octobre 2000 © Source Nice-Matin

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