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Dimanche 05 Novembre 2000

Ievoli Sun : vers des investigations sous-marines

PARIS (Reuters) - Les autorités maritimes, qui planifient des investigations sous-marines du cargo italien Ievoli Sun, n'ont pu retrouver la nappe irisée repérée en début de matinée au large du Cotentin.

Il s'agissait sans doute de gazole, mais rien n'indique qu'il provenait du navire italien qui a sombré mardi matin au large du Cotentin avec 6.000 tonnes de produits chimiques à son bord.

"On peut craindre que malheureusement un certain nombre de bâtiments profitant du naufrage du Ievoli Sun soient tentés de dégazer au passage au large de Cherbourg, dans la zone du naufrage", a expliqué sur France Info le commandant Olivier Lajous, porte-parole de la marine nationale.

Ces irisations avaient été localisées en début de matinée à 4 km environ au nord du Cotentin, entre Cherbourg et La Hague, par un bâtiment des affaires maritimes qui se rendait sur la zone du naufrage pour procéder à des prélèvements d'air et d'eau, a-t-on précisé à la Préfecture maritime de Cherbourg.

Dépêché sur zone, l'Alcyon, un bâtiment spécialisé dans la lutte contre la pollution équipé d'un système de pompage en surface, n'a pas retrouvé de traces suspectes, a déclaré en fin d'après-midi à Reuters un porte-parole de la préfecture.

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Les premières images de la coque du bateau n'ont pas révélé de fuites. (Photo Reuters)

Quatre jours après le naufrage du Ievoli Sun, les autorités ont maintenu leur dispositif de surveillance autour du chimiquier italien, qui repose par environ 70 mètres de fond à 35 km de la pointe de La Hague.

Toute la journée, le chasseur de mines Céphée a assuré une "mission de police de navigation" pour veiller à ce qu'aucun navire ne pénètre dans le périmètre de sécurité établi autour de la zone. Il a été relayé en fin de journée par l'aviso Lavallée. Un baliseur britannique, le Marmaid, a mis en place des bouées de signalisation.

Un bâtiment des affaires maritimes, l'Iris, a procédé de son côté à de nouveaux prélèvements d'air et de mer. Trois membres de l'organisation écologiste Greenpeace avaient embarqué à son bord.

"Pour le moment, les concentrations mesurées ne présentent aucun danger", soulignait-on samedi à la préfecture de Cherbourg.

Deux bâtiments en renfort

Mais les commentaires rassurants des plus hautes autorités françaises, Jacques Chirac et Lionel Jospin en tête, ne semblent pas avoir convaincu leurs concitoyens. Selon un sondage CSA publié samedi dans Aujourd'hui en France-Le Parisien, 79% des Français se déclarent très ou assez inquiets quant à l'évolution de la situation.

Et pour Greenpeace, on ne peut pas se contenter de ces chiffres pour faire un diagnostic sur la situation. "Pour nous, le seul élément qui permettra d'avoir une idée précise du risque, c'est qu'une investigation soit faite sur la coque, sous l'eau", a déclaré à Reuters Bruno Rebelle, le directeur de Greenpeace France.

Le Ievoli Sun, appartenant à l'armateur italien Marnavi et affrété par les compagnies Shell et Esso, était parti du port britannique de Fawley et devait rejoindre Bar, en Yougoslavie. Il a sombré mardi matin avec 6.000 tonnes de produits chimiques, dont 4.000 de styrène, produit toxique sur lequel se concentrent les inquiétudes.

Les experts disposent depuis vendredi soir des premières images sous-marines tournées par le chasseur de mines Céphée au moyen du Poisson autopropulsé (PAP). Mais l'enregistrement est de piètre qualité - le PAP sert habituellement à différencier mines marines et rochers - et la seule information exploitable est de montrer que la navire n'a pas bougé depuis le naufrage.

En coordination avec le ministère des Transports, le préfet maritime, l'amiral Laurent Merer, a du reste fait appel au Northern Prince, un navire de la société britannique Marr Vessel Management équipé d'un "robot sous-marin adapté à la situation de l'épave et à son environnement".

Le bâtiment, attendu lundi dans la journée à Cherbourg, tentera dans un premier temps de vérifier l'état de la coque et de localiser d'éventuelles fuites. Un autre navire, le bâtiment allemand Neuwerk spécialisé dans la lutte contre les pollutions chimiques, devrait arriver lundi matin.

Ce n'est qu'au terme de ces investigations poussées que les autorités pourront passer à la phase de récupération des produits renfermés dans les cuves du Ievoli Sun.

Dimanche 05 Novembre 2000 © Source Yahoo

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