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Lundi 06 Novembre 2000

Gayssot reste prudent, Greenpeace s'inquiète

PARIS (Reuters) - Des traînées argentées ont été repérées à proximité de l'épave du Ievoli Sun, au large du Cotentin, où les conditions de mer devraient nettement se dégrader avec l'arrivée d'une nouvelle tempête.

Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a souligné sur Europe 1 qu'il était impossible d'évacuer tout risque potentiel.

"Quand vous avez 4.000 tonnes de styrène qui sont dans l'eau, que c'est un produit inflammant et explosif, que vous ne savez pas exactement comment il va se comporter, on n'a pas le droit de dire, de faire sans savoir", a-t-il dit.

Greenpeace, dont des militants ont survolé la zone du naufrage, affirme que du styrène continue de s'échapper des cuves du cargo italien.

"Le Ievoli Sun représente à l'évidence un danger et tous les efforts doivent être faits pour surveiller le navire et pour commencer à récupérer la cargaison et le fuel qui se trouvent à bord", écrit l'organisation écologiste dans un communiqué.

Les traînées argentées repérées dimanche ont été localisées sur 300 m de long et 50 de large par un avion "Polmar" des douanes qui devait effectuer un second vol de surveillance, indique la préfecture maritime de Cherbourg dans un communiqué.

Des traces de gazole ont également été repérées au nord de la zone où le cargo italien a sombré mardi matin avec 6.000 tonnes de produits chimiques à son bord. Selon les autorités maritimes, ces traces sont sans rapport avec le Ievoli Sun mais proviennent de bateaux qui profitent de la situation pour effectuer des dégazages sauvages.

Sur mer, où les conditions météorologiques se sont détériorés avec les premières rafales de vent de la tempête annoncée pour la nuit de dimanche à lundi, l'aviso Lavallée assure la "police de navigation" pour éviter que des bateaux ne croisent à proximité de l'épave, qui repose par environ 70 mètres de fond à 35 km de la pointe de La Hague.

Dès que la météo le permettra, un bâtiment britannique doit achever le balisage de la zone de sécurité.

Le Neuwerk attendu dans l'après-midi

Le Ievoli Sun, appartenant à l'armateur italien Marnavi et affrété par les compagnies Shell et Esso, était parti du port britannique de Fawley et devait rejoindre Bar, en Yougoslavie. Il a sombré mardi matin avec 6.000 tonnes de produits chimiques, dont 4.000 de styrène, produit toxique sur lequel se concentrent les inquiétudes.

Les prélèvements d'air et d'eau effectués depuis mardi n'ont décelé aucune concentration dangereuse de styrène. Mais des investigations poussées, notamment de l'état de la coque et des cuves du navire, seront nécessaires pour évaluer le risque. Un bâtiment allemand, le Neuwerk, spécialisé dans la lutte contre les pollutions chimiques, est arrivé dans l'après-midi à Cherbourg. Le bâtiment, qui peut évoluer dans des conditions "toxiques et/ou explosives", a été mobilisé dans le cadre des accords de coopération maritime internationale de Bonn.

Un autre bateau, le Northern Prince, de la société britannique Marr Vessel Management, est attendu lundi. Equipé d'un robot sous-marin, il devrait permettre aux autorités d'en savoir davantage sur l'état du Ievoli Sun et d'envisager ensuite la phase de récupération des produits chimiques enfermés dans les cuves du navire.

Interrogé sur la suite des événements, Jean-Claude Gayssot a souligné que l'Etat aurait la responsabilité des opérations de récupération de la cargaison et du carburant de propulsion du navire.

Samedi, Greenpeace avait accusé les autorités de "déléguer" à l'armateur Marnavi la gestion de la sécurité publique.

"Je demande que et l'armateur et les sociétés pétrolières concernées soient responsabilisées y compris sur le financement des choses. Mais la responsabilité, elle appartiendra à l'Etat pour définir le cahier des charges du traitement de l'épave", a rétorqué Jean-Claude Gayssot.

Lundi 06 Novembre 2000 © Source Yahoo

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