Jeudi 14 Decembre 2000 |
Le 31 octobre, le chimiquier Ievoli Sun sombrait au large des côtes normandes. Le navire a coulé « à la suite dun important envahissement deau à lavant du bateau » selon le Bureau Enquêtes-accidents de mer qui a rendu public hier un rapport provisoire.
Le rapport du Bureau enquêtes-accidents de mer na pas la prétention de répondre à toutes les questions sur le naufrage du chimiquier Ievoli Sun, le 31 octobre. (Photo AFP/Marine nationale)
Des défaillances techniques ? Sans doute. Des défaillances humaines ? Trop tôt pour le dire... ce nétait pas un navire poubelle. LIevoli Sun - un double coque - battait pavillon italien, son équipage était européen, il navait jamais changé darmateur. Létat du navire, selon le directeur du Bea, Georges Tourret ne semble pas en cause.
« Le navire avait subi un contrôle des structures en 1999 » ajoute Jean-Louis Guibert, administrateur général des Affaires maritimes. Leur constat cependant : « si le navire semble avoir été bien suivi par la société de classification (Rina), les nombreuses inspections ont relevé un certain nombre de déficiences, relevant pour beaucoup de lentretien »....La météo nexplique pas non plus le naufrage. Un coup de vent na rien danormal pour un tel navire.
Lalarme se déclenche
Alors, que sest-il passé ? Le 29 octobre, à 12 h 30, lalarme se déclenche : montée deau dans le compartiment du propulseur détrave... mais le commandant estime quil peut reprendre sa route. A 15 h 30, il informe son armateur. A 1 h 30, le bord constate que les ballasts 1 et 2 sont complètement envahis, le 4 se remplit... Le navire poursuit sa route, à vitesse réduite. Vers 3 h, le ballast 5 est plein deau... Le commandant ne contrôle plus le navire et lance un appel de détresse à 4 h 14.
Le puits ou le panneau
Comment leau a-t-elle pu sengouffrer ? Deux hypothèses : soit leau est entrée par le puits des chaînes. Il était colmaté par du ciment ! Et ce ciment avait disparu... Soit leau est entrée par le panneau permettant de ranger les amarres. Sur les images vidéo, prises après le naufrage, il est ouvert... Le panneau sest-il ouvert dans la tempête ou navait-il pas été fermé ? « Nous navons pas les moyens de le savoir » a souligné hier le Bea.
« Lentrée par les puits aux chaînes est une quasi-certitude » estime Jean-Louis Guibert. Cela ne résout pas le problème du panneau... Quant aux pompes, elles nont pas pu fonctionner. Pas de chance : la centrale hydraulique na pas démarré... La panne ! Elle est sans doute due à une défaillance dorigine électrique. Les pompes de déballastages ne pouvant pas fonctionner, il ne restait plus grand-chose à faire...
Erreur humaine ?
Le rapport na pas la prétention de répondre à toutes les questions. Le Bea estime quil faudra entendre de nouveau le commandant et le bord pour en savoir plus. Le commandant na-t-il pas trop tardé à réagir ? Fallait-il poursuivre la route ?
Y-a-t-il eu erreur humaine ? « Il faut dabord analyser tous les aspects techniques. Nous nen sommes pas au stade où on puisse dire cela » estime Georges Tourret.
Jeudi 14 Decembre 2000 © Source Le télégramme