Terra libra l   www.polmar.com

dauphin_home.gif (1599 octets) 

Mercredi 01 Novembre 2000


Le « chimiquier » avait un indice de sécurité et de fiabilité très faible


« SI ON PEUT appeler cela un bateau… », a commenté Jean-Claude Gayssot à propos du Ievoli-Sun, le chimiquier qui a coulé mardi 31 octobre. Le tanker n'avait pourtant rien d'un raffiot, mangé par les années et la rouille. Construit en 1989, il aurait encore dû être dans son bel âge, la durée de vie d'une tel bâtiment pouvant atteindre, selon les spécialistes, près de vingt ans. Mais il était depuis plusieurs années dans le collimateur des autorités portuaires, en raison de son mauvais état. Son indice de sécurité et de fiabilité, dit Sirenac, était de 32 sur 50 – la meilleure note étant 1. Le Ievoli-Sun, précédemment baptisé Gennaro-Ievoli, avait subi six contrôles d'escale depuis 1998. Par trois fois, il avait été retenu en raison d'anomalies.

Le 30 septembre, il avait été vérifié en cale sèche, à Augusta, en Sicile. A l'issue de cette inspection, la société de classification Rina avait délivré un certificat de navigabilité. Mais, le 26 octobre, des contrôleurs du port hollandais de Mordijk relevaient encore douze déficiences et retenaient le bateau trois jours.

Si les nouveaux critères de sécurité maritime, actuellement en discussion au niveau de l'Union, avaient été opérationnels, « ce bateau aurait été banni des ports européens », assure M. Gayssot. Pourquoi le Ievoli-Sun a-t-il ainsi vieilli de manière prématurée ? L'équipage, formé de douze Italiens et deux Espagnols, avait les compétences pour en assumer la maintenance. Les autorités françaises s'interrogent sur les moyens mis par l'armateur, Marnavi, basé à Naples. Depuis 1989, les compagnies d'assurances relèvent que cette société a déjà connu deux pertes totales et un sinistre majeur sur d'autres bateaux, en raison d'incendie ou d'explosion à bord.

Marnavi n'a pas cherché à fuir ses responsabilités. Sitôt après le naufrage, l'armateur a offert son concours, contrairement à ce qui s'était passé, en décembre 1999, avec le pétrolier Erika, où il fallut plus d'une semaine avant de démêler l'écheveau des sociétés fantômes et de trouver le vrai propriétaire. Les enquêtes permettront sans doute de mieux définir les responsabilités.

Mercredi 01 Novembre 2000 © Source Le télégramme

dauphin_home.gif (1599 octets)