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Vendredi 03 Novembre 2000

Pollution de l'Ievoli Sun : évolution rassurante

Les premières traces de polymérisation du styrène sont apparues en surface. Elles commencent à se solidifier et doivent perdre toute toxicité. Mais l'incertitude demeure sur l'état de la coque du tanker italien

Les craintes de pollution en Manche ont été réduites hier par les premières traces de polymérisation du styrène transporté par le Ievoli Sun et des résultats d'analyses des prélèvements d'eau et d'air faits près du lieu du naufrage du chimiquier.

Les observations aériennes n'ont en effet mis en évidence que « des traces de produits chimiques et d'hydrocarbures légers en surface, s'étendant sur 40 m environ et constitués en paquets d'environ deux mètres carrés. Il y a donc vraisemblablement eu polymérisation du styrène », a précisé la préfecture maritime. La polymérisation est une réaction chimique qui fait que, notamment, au contact de l'air et de l'eau le styrène se transforme en plastique et perd son caractère toxique.

« Une autre nappe constituée de filaments blancs en surface s'étendant à l'est/nord-est de l'épave sur une longueur de 3,6 km et sur 30 m » a également été repérée, a précisé le porte-parole de la préfecture maritime, le lieutenant de vaisseau Bertrand Bonneau, qui juge cette polymérisation « assez rassurante, car il va être plus facile de localiser et de traiter cette fuite ».

C'est donc dans un climat rassurant que Lionel Jospin, deux jours après Jacques Chirac, se rendra sur place cet après-midi. Comme le président de la République, le Premier ministre fera le point, à Cherbourg, avec les élus locaux, les autorités maritimes et les associations sur la situation.

Greenpeace propose son aide

La Marine compte désormais sur l'amélioration rapide des conditions météorologiques, prévue pour aujourd'hui, pour ramener sur zone le chasseur de mine Céphée afin qu'il localise la fuite. Par ailleurs, l'IFREMER (Institut français d'études et de recherches sur la mer) effectuera des prélèvements d'eau et de crustacés près de la zone du naufrage, si le temps le permet.

Malgré les mauvaises conditions climatiques, l'aviso Lavalée et le remorqueur Abeille Languedoc ont patrouillé sur zone dans la journée, pour repousser au nord du site du naufrage les cargos et autres bateaux non informés de l'interdiction de circulation.

Parallèlement, la Marine nationale a accueilli favorablement l'offre de service de l'association écologiste Greenpeace. « Si Greenpeace souhaite venir au cours d'une sortie en mer pour faire des prélèvements, ils sont les bienvenus », a confirmé le lieutenant de vaisseau Bertrand Bonneau. « Quant à une exploration de l'épave, pour laquelle Greenpeace a proposé ses plongeurs, la décision relève du ministère des Transports et non du ministère de la Défense », a-t-il expliqué. Jean-Claude Gayssot se prononcera « au regard des autres moyens proposés par l'Etat, Shell et l'armateur du navire ».

Par ailleurs, Dominique Voynet a déclaré après s'être entretenue hier soir avec le président de Shell, que la compagnie pétrolière avait « lancé le signal de la mobilisation générale pour examiner les possibilités d'un pompage rapide » du styrène.

Vendredi 03 Novembre 2000 © Source Nice-Matin

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