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Lundi 11 Décembre 2000

Il y a un an, l'Erika faisait naufrage ...

--par Isabelle Cortès--

PARIS (AP) -- Un an après le naufrage, le 12 décembre 1999, du pétrolier maltais Erika au large des côtes du Finistère, le nettoyage du littoral se poursuit, alors que l'indemnisation des victimes de la marée noire et que l'amélioration de la sécurité maritime tardent à intervenir.

Si 95% des plages souillées par le fioul qui a englué 400km de côtes, du Morbihan à la Charente-Maritime, avaient été nettoyées au 1er juillet, plus de 500 personnes travaillent encore à la dépollution, notamment en Loire-Atlantique, département le plus touché.

Des boulettes d'hydrocarbures sont aussi apparues récemment sur le littoral, notamment en Loire-Atlantique, sous l'effet des dernières grandes marées et des tempêtes d'automne.

En se brisant en deux, puis en sombrant par 120m de fond, à environ 70km au sud de la pointe de Penmarc'h (Finistère), l'Erika a déversé plus de 20.000 tonnes de fioul, soit la plus grave pollution par hydrocarbures survenue en France depuis l'Amoco Cadiz, en 1978. Après avoir dérivé plusieurs jours, les nappes sont venues souiller les côtes, à partir du 24 décembre.

TotalFina, affréteur du pétrolier naufragé, espère que le nettoyage des côtes sera achevé après les prochaines marées d'équinoxe, en mars 2001. La compagnie a décidé le 21 novembre de porter le budget dévolu à la dépollution de 70 à 220 millions de francs.

Le pompage des deux moitiés de l'épave, qui s'est achevé début septembre, a permis de récupérer plus de 11.000 tonnes de fioul contenues dans les soutes de l'Erika, pour un coût de 500 millions de francs. Le produit issu du pompage de l'épave du pétrolier devait commencer à être brûlé lundi à la raffinerie de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime). Le traitement des quelque 300.000 tonnes de déchets, estimé à 200 millions de francs, devrait commencer début janvier et s'étendre sur deux ans.

Professionnels de la mer ou du tourisme, les victimes de la marée noire souffrent pour leur part de la lenteur de l'indemnisation.

Les dégâts de cette catastrophe ont été estimés globalement par le Conseil économique et social (CES) à plus 3 milliards de francs, soit plus du double du plafond de 1,2 Mds de francs prévu par le Fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (Fipol).

Selon le Fipol, 1.770 demandes d'indemnisation ont été examinées, dont 1.446 ont été approuvées, ce qui représente un montant de 84 millions de francs. A ce jour, à peine la moitié ont été réglées ou sont en cours de règlement.

La ministre de l'Environnement Dominique Voynet a même menacé samedi, lors d'une visite à Batz-sur-mer (Loire-Atlantique), de porter plainte contre le Fipol pour faire augmenter le plafond d'indemnisation.

Les procédures judiciaires se multiplient en effet depuis le naufrage. Outre TotalFina, attaqué par les communes et départements sinistrés, elles visent la Rina, la société de classification italienne du pétrolier, et le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) d'Etel (Morbihan).

Le directeur adjoint du Cross a été mis en examen début septembre pour ''abstention de prendre les mesures permettant de combattre un sinistre'', la société Registro Italiano Navale (Rina) et l'un de ses responsables l'ont été pour ''mise en danger de la vie d'autrui''.

Relancée par la catastrophe de l'Erika, la question de l'amélioration de la sécurité maritime est loin d'être réglée, comme le prouve le naufrage du chimiquier italien Ievoli Sun fin octobre au large du Cotentin.

Notant qu'''une prise de conscience a réellement eu lieu'', le CES a cependant pointé dans son avis rendu mardi dernier ''la lenteur des processus de mise en oeuvre et les réticences de certains acteurs, dont certains Etats européens''.

Le Conseil européen de Nice a invité pour sa part les Etats-membres à mettre en oeuvre de façon anticipée les mesures sur le renforcement de la sécurité maritime.

Un premier paquet, actuellement en navette entre le conseil des ministres et la Commission, porte sur le contrôle des navires dans les ports, la surveillance des sociétés de classification et l'élimination accélérée des navires à simple coque.

Le deuxième train de mesures, qui vise à améliorer le système européen d'information sur le trafic, à créer une agence européenne de sécurité maritime et à permettre d'engager la responsabilité financière des acteurs du secteur, doit être soumis les 20 et 21 décembre au conseil des ministres des Transports.

Lundi 11 Décembre 2000 © Source Yahoo

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