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Dimanche 05 Novembre 2000

Contrôles de pollution rassurants, l'union européenne accusée

CHERBOURG (France), 5 nov (AFP) - Les autorités françaises se montraient rassurantes dimanche sur les risques de pollution chimique, après le naufrage mardi du chimiquier italien Ievoli Sun au large des côtes de la Normandie, qui a relancé le débat sur des mesures européennes de sécurité maritime.

Les gouvernements des Etats membres de l'Union européenne, incapables de s'entendre sur des mesures minimales communes de sécurité maritime, apparaissent comme les principaux accusés, moins d'un an après la marée noire du pétrolier Erika, sur les côtes françaises de la Bretagne.

Les résultats des différentes analyses d'air, d'eau de mer et de produits de la mer effectuées depuis le naufrage du Ievoli Sun ont continué, pendant le week-end, de révéler une quantité "négligeable" de styrène, produit chimique toxique, dont 4.000 tonnes étaient transportées par le chimiquier.

Naufragé sur la Manche, à proximité de l'île anglo-normande d'Aurigny, le Ievoli Sun transportait au total 6.000 tonnes de produits chimiques. Mais c'est le styrène, un composant utilisé pour la polymérisation des matières plastiques, qui suscitait le plus d'inquiétudes car il est réputé très toxique et cancérigène.

Reprenant les conclusions de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), le représentant de l'Etat français (préfet) dans le département d'Ille-et-Vilaine (ouest), Claude Guéant, a expliqué que "la sécurité des consommateurs était aisée à assurer". Les poissons et les fruits de mer, éventuellement contaminés par le styrène, seraient faciles à repérer et immédiatement retirés des circuits de vente.

Les autorités maritimes craignaient aussi dimanche que du gazole ne s'échappe des réservoirs du Ievoli Sun, ou que d'autres bateaux profitent de la présence de l'épave dans les environs pour se livrer à des dégazages sauvages.

Les autorités françaises ont indiqué samedi avoir "rejeté la responsabilité du traitement de l'épave" du navire sur l'armateur, l'italien Marvani, et sur son assureur qui devront sécuriser l'épave avant le 23 novembre.

La présidente du Parlement européen, la centriste française Nicole Fontaine a appuyé les critiques contre l'inertie des Etats membres de l'UE face aux problèmes de sécurité maritime.

"La Commission européenne a présenté des textes, au mois de mars, qui sont des textes très sévères. Et le conseil des ministres, ensuite, a affaibli considérablement l'impact de ces textes", a-t-elle déclaré dimanche à la radio publique France Inter.

"Lorsqu'on examine de manière concrète le texte le plus important, celui sur le contrôle des navires dans les ports, là il y a un certain nombre d'Etats qui disent qu'ils ne veulent pas un accroissement des ressources en personnel pour faire face au contrôle obligatoire", a-t-elle précisé. Ces Etats sont les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la Grèce.

Mme Fontaine a déploré que le conseil des ministres de l'UE ait ramené, dans le texte transmis au Parlement européen, de 5.500 à 2.300 le nombre de bateaux considérés comme dangereux et devant faire l'objet de contrôles chaque année dans les ports européens.

Selon un sondage publié samedi par le journal Le Parisien, 50% des Français jugent que les autorités européennes sont responsables de la catastrophe.

Cette mesure de l'opinion est d'autant plus embarrassante pour le gouvernement français qu'il avait placé la sécurité maritime parmi les priorités de la présidence semestriel de l'UE, qu'il exerce jusqu'à la fin de l'année.

Dimanche 05 Novembre 2000 © Source Yahoo

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