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Vendredi 24 Novembre 2000

Ievoli: une bonne cuite pour les poissons

Par Lisa Fanjeaux sur www.seamply.com

Etat des lieux trois semaines après le naufrage du Ievoli Sun.

Le 31 octobre dernier, la mer avalait le chimiquier italien, le Ievoli Sun blindé de six conteneurs. Au total : 6.000 tonnes de produits chimiques, dont du styrène, au fond de l’océan. Des navires accourent à la rescousse dont le Neuwork, bateau anti-pollution et le Northern Prince, navire d’investigation permettant la mise à l’eau d’un robot télécommandé, chargé de faire de la vidéo et des travaux sous-marins.
Diagnostic : un conteneur du chimiquier s’est vidé de son contenu, il en reste encore cinq intacts au fond de la mer. On nage en eaux troubles. Les communiqués contradictoires annoncent l’arrêt des fuites, puis la reprise des fuites. Le robot reste coincé dans l’épave ! A la veille de la date butoir de dépollution, les travaux de colmatage commencent.


La pêche continue autour du Ievoli Sun


Les pêcheurs continuent de pêcher autour de la zone du Ievoli Sun. Aucune interdiction de pêcher n’est intervenue, seule une interdiction de navigation, lancée par le ministère des Transports, empêche toute circulation dans une zone délimitée d’environ deux kilomètres au-dessus de l’épave. Du côté des pêcheurs, on ne s’alarme pas. «Il faut relativiser» déclare le président du Comité régional de la pêche de la Manche, Daniel Lefèvre. «Les pêcheurs continuent de pêcher, le poisson continue à se vendre, des analyses ont été faites et aucune retombée n’a été constatée !»
De son côté, l’organisation pour la protection de l’environnement, Greenpeace, s’inquiète. «On n’a aucune information puisqu’on nous a refusé l’accès à l’épave, la collaboration annoncée entre Greenpeace et les autorités a tourné court très vite» a déclaré Bruno Rebelle, le président de l’organisation, qui n’est pas satisfait des communiqués officiels. Selon lui, certains pêcheurs auraient remonté des poissons «englués dans des filaments de plastique» et d’autres auraient trouvé des «traces suspectes» dans leurs casiers à homards.

«Une bonne cuite» pour l’écosystème.

La version officielle reste pourtant optimiste. Dès le naufrage du Ievoli Sun, des analyses ont été menées par l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer). D’après eux, les résultats sont satisfaisants… du moins, ils ne sont pas alarmants. Les prélèvements réalisés au large, comme sur la côte, se sont révélés négatifs. La concentration de styrène est restée inférieure au seuil limite (1 microgramme de styrène par litre).
«On a eu beaucoup de chance que le naufrage ait eu lieu dans un des sites en mer où il y a le plus de courants» a déclaré Bruno Barnouin, directeur de l’environnement et de l’aménagement littoral d’Ifremer. «Les substances chimiques sont brassées par les courants et il n’y aura pas de dommages durables contrairement au naufrage de l’Erika». Une pollution non-permanente qui fait quand même passer un mauvais quart d’heure aux poissons. «Cela leur fera l’effet d’une bonne cuite tout au plus» a rajouté le directeur de l’environnement !

Un trafic maritime réorganisé

Pour l’Ifremer, le réel problème se situe en surface où l’on doit maintenant gérer et réorganiser tout le trafic maritime. L’interdiction de navigation imposée dans cette zone de la Manche, a réduit presque de moitié le goulet d’étranglement qui passe de neuf à cinq km de large. Les 300 bateaux qui traversent habituellement la zone chaque jour (soit 15 par heure) doivent aujourd’hui, immédiatement se déclarer au Cross (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage). Les hommes du centre redoublent de prudence et la surveillance radar s’est considérablement accrue !

Vendredi 24 Novembre 2000 © Source Seamply

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