Mardi 07 Novembre 2000 |
L'attente se prolonge autour de l'épave du « Ievoli-Sun »
« Urgent de se hâter », le lapsus commis par un
représentant de la marine nationale lors du point de presse du lundi matin
6 novembre à Cherbourg, illustre, en creux, la lenteur des opérations de
reconnaissance entreprises autour de l'épave du Ievoli-Sun. Dès dimanche, le
navire antipollution allemand Neuwerk, appelé en vertu des accords de Bonn
d'assistance intra-européens, était dans la rade de Cherbourg. Les présentations avec
la presse étant faites, le Neuwerk aurait dû prendre la mer en début
d'après-midi pour aller réaliser sur zone les prélèvements tant attendus.
Mais les militants de Greenpeace - très présents, et qui ont
déjà pu embarquer sur le patrouilleur l' Iris pour approcher le périmètre
sensible avant de le survoler à bord d'un hélicoptère Dauphin - souhaitaient cette
fois encore être du voyage. Compte tenu du « caractère incertain » de
sa mission et à défaut de « garantie sur la couverture des risques
encourus » par les quatre militants écologistes, le commandant du Neuwerk a
préféré se priver de leur compagnie.
« CONSÉQUENCES MINIMES »
Le Neuwerk a donc pris la mer vers 17 h 15 et
a rejoint en trois heures la zone interdite. La nuit étant tombée, ce n'est qu'aux
premières lueurs de l'aube, mardi, que les premiers prélèvements d'air à l'aplomb de
l'épave devaient être effectués pour apprécier le champ de dispersion atmosphérique
du styrène. On a cru d'abord que les nappes blanchâtres observées en surface
correspondaient à une polymérisation spontanée, on dit aujourd'hui qu'il s'agirait
d'une simple émulsion.
La ministre de l'environnement, Dominique Voynet, a confirmé, lundi matin, en marge du congrès de l'Union nationale pour la pêche et la protection des milieux aquatiques, l'existence de fuites, « mais quel est leur nombre, leur ampleur, cela on ne le sait pas précisément », a-t-elle indiqué. Elle a toutefois affirmé que « la diffusion lente du styrène devrait avoir des conséquences minimes pour l'environnement ». « Il n'y a pas de raison d'inquiéter les consommateurs et les pêcheurs à ce stade », a ajouté la ministre, qui avait pourtant parlé de « catastrophe écologique » le lendemain du naufrage.
Mardi 07 Novembre 2000 © Source Le Monde